Lutte contre la criminalité faunique : les Officiers de Police se renforcent sur l’application des lois sur l’environnement

La deuxième vague des Officiers de Police en formation à l’école de Police ont reçu la visite de AALF-Bénin le jeudi 26 octobre 2017. C’était dans le cadre de renforcement de leurs capacités dans le domaine de la lutte contre la criminalité faunique en République du Bénin.      

Film documentaire sur la criminalité faunique et communications soutenues par des images ont permis aux activistes du Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-Bénin), de montrer aux officiers de Police leurs implications dans la lutte contre la criminalité faunique.

Venus des douze départements du Bénin, ils ont eu le temps de toucher du doigt les causes et conséquences du trafic illicite des produits de faune et le rôle qu’ils doivent jouer pour permettre à la justice de bien faire son travail.

Dans sa communication sur « les techniques de dissimilation de trophées d’espèces protégées », Homefa Dovi, Coordonnateur adjoint du Programme AALF-Bénin, a fait à ces agents de police, l’historique de la lutte contre la criminalité faunique, les premiers pas de l’AALF-Bénin, les méthodes utilisées pour la lutte, les circuits du trafic puis a surtout insisté sur les techniques qu’utilisent les trafiquants de ce commerce illicite des produits de faune.

Benjamin Dagbéto, Juriste à AALF-Bénin, faisant « l’aperçu sur les lois environnementales, conventions internationales et leurs applications au Bénin », a exposé aux officiers de Police, l’arsenal juridique dont dispose le Bénin parlant de la lutte contre la criminalité faunique. Ce sur quoi il est régulièrement revenu est la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Des articles de cette loi définissent les conditions de privation de liberté et les amendes à infliger aux personnes reconnues coupables. L’article 158, a expliqué M. Dagbéto dit que les peines peuvent être doublées ou triplées selon les circonstances. Parlant du rôle des magistrats et des agents assermentés, il a plus mis l’accent sur le rôle des Officiers de Police judiciaire et les éléments dont ils doivent tenir compte dans la rédaction du procès-verbal. Ce juriste n’a pas manqué de présenter quelques résultats qu’a obtenu AALF-Bénin depuis 2014 que le programme accompagne le gouvernement dans le lutte contre la criminalité faunique.

Le film documentaire et les deux communications ont aiguisé l’appétit des agents qui n’ont eu d’hésitation aucune à saisir l’occasion pour que leur lanterne soit éclairée sur des aspects donnés. Les échanges avec l’équipe de AALF-Bénin sur les points d’ombres ont permis à ces officiers de comprendre qu’ils doivent activement s’impliquer dans la lutte contre la criminalité faunique et jouer leur rôle comme cela se doit.

 

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Lutte contre la criminalité faunique : des activistes encouragent la justice à durcir les peines

La lutte contre les crimes fauniques au Bénin prend une nouvelle tournure. La justice joue de plus en plus sa partition par des décisions répressives. Ce qui ragaillardit les activistes et promet un meilleur lendemain pour le patrimoine faunique béninois.  

« Nous avons appris que nos juridictions ont condamné un trafiquant à 5 ans de prison ferme avec des dommages-intérêts. Cette décision montre que la justice joue sa partition ». C’est l’appréciation que fait Joséa Dossou-Bodjrènou, activiste, Directeur de Nature Tropicale ONG, suite à la dernière décision du tribunal de Kandi dans une affaire de commercialisation de  20.09 kg d’ivoire à Gogounou. L’accusé principal a écopé de 60 mois d’emprisonnement ferme avec 800.000F Cfa d’amendes à payer. Une décision en phase avec la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Cette sentence du juge le 03 octobre 2017 a donné une lueur d’espoir au programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-BENIN) et aux acteurs de lutte contre la criminalité faunique au Bénin. Au regard des menaces qui planent sur l’éléphant une espèce menacées d’extinction, d’autres acteurs pensent que la justice peuvent aller au-delà de cette sanction. Tel est le cas de Patrice Sagbo, activiste de la nature, « nous devons les encourager à aller plus loin pour décourager les trafiquants », a-t-il fait avoir. Le Bénin a les lois les plus dures et il faut les appliquer insiste-t-il. Gaston Akouèhou, point focal Convention sur la Diversité Biologique pense que « le juge a ses raisons pour avoir prononcé cette peine ». Il estime qu’il faut amener les juges à vivre certaines réalités pour comprendre davantage ce que ces espèces représentent pour le pays. « Nous manquons un travail qui est d’amener le juge dans les forêts classées, dans les aires protégées pour qu’il apprécie l’importance des espèces fauniques en période touristique », signale M. Akouèhou. Il pense qu’il faut requalifier l’acte commis sur les éléphants. « On pouvait dire que tuer un éléphant est un crime. Lorsqu’on qualifie cela de crime, le juge est obligé de réfléchir avant de rendre sa sentence », a-t-il notifié.

Ils exhortent tous les magistrats, les juges et autres à appliquer la loi avec rigueur afin de punir véritablement les crimes fauniques.

La sensibilisation répressive

 » Que les gens ne disent plus qu’ils ne sont pas informés de la loi sur la criminalité faunique. Tout le monde sait ce qui est bien et ce qui est mauvais. Si les gens ne sont pas informés, pourquoi ils se cachent pour faire ce qui est mauvais ? « , s’interroge M. Dossou-Bodjrènou. A l’en croire, l’étape de la sensibilisation verbale est dépassée. Seule la sensibilisation répressive peut garantir une protection pour les espèces intégralement protégées. Et parlant de sensibilisation répressive, on se souvient de la décision du tribunal de Natitingou qui a condamné en août 2017 un récidiviste à quarante-huit (48) mois d’emprisonnement ferme et priver un autre à quarante (40) mois de liberté toujours pour une affaire de trafic d’ivoire. Les deux inculpés sont solidairement condamnés à une amende de 400.000F CFA et au paiement à l’Etat béninois de la somme de trois millions (3.000.000) de francs CFA à titre de dommages-intérêts.

D’autres acteurs pour mener à bien cette lutte sont les communautés. Raison pour laquelle M. Dossou-Bodjrènou les invites à ne plus être complices de ces massacres sur les espèces intégralement protégées. Cet activiste demande aux trafiquants de se convertir à d’autres activités qui pourraient leur générer des ressources.

Lutte contre la criminalité faunique au Bénin : un trafiquant condamné à la peine maximale de 5 ans de prison ferme

C’est la première peine maximale qu’un juge a prononcée contre un trafiquant de produits de faune dans la lutte que mène AALF-BENIN. Pris dans l’affaire de commercialisation de 20,09 kg d’ivoire à Gogounou, le sieur Doti Bio a écopé de 60 mois d’emprisonnement ferme. Soit cinq ans à passer derrière les barreaux. Il doit payer en plus 800.000F Cfa d’amendes.

C’est la décision qu’a rendu le mardi 03 octobre 2017, un juge du tribunal de Kandi, lors du délibéré de l’affaire de  trafiquants d’ivoire arrêtés à Gogounou le mardi 04 juillet 2017. Cette condamnation est parfaitement en lien avec la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Cette loi en son article 154 « punit d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis ».

Il faut signaler aussi que les inculpés Amani  Abdoulaye, Sabi Sogo Guéka et Assouma Yacoubou sont condamnés à 36 mois d’emprisonnement assortis de sursis et 300.000 francs Cfa d’amendes chacun. Le juge ne s’est pas arrêté là. Tous les prévenus doivent payer solidairement 2.000.000 F Cfa au Centre Nationale de gestion des réserves de faune (CENAGREF) pour dommages-intérêts. Cette décision mérite d’être saluée car, encourage le gouvernement et les autres acteurs activement impliqués dans la lutte contre la criminalité faunique dont le Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-BENIN). Avec de telle décision dissuasive, il y a de l’espoir que le patrimoine faunique béninois et mondial se portent mieux et jouent leur partition dans l’écotourisme.

Le juge dans sa décision annonce que les trafiquants ont un délai de 15 jours pour faire appel. Par rapport à ce dernier volet, il faut que le Ministère du Cadre de Vie et ses structures sous tutelle maintiennent la veille pour que ces trafiquants purgent leur peine, payent les amendes et les dommages-intérêts. Seule l’application rigoureuse de ces décisions de justice peut sensiblement dissuader les trafiquants très engagés à exterminer nos ressources naturelles.

Lutte contre la criminalité faunique dans le 3ème trimestre de 2017 : 5 trafiquants arrêtés avec des défenses de 9 éléphants abattus

La croisade contre les trafiquants des produits de faune au Bénin ne cesse de donner des résultats alarmants. De juillet au mois de septembre, la détermination des forces de sécurité publique avec la collaboration du programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-BENIN), et des autres acteurs de lutte contre la criminalité faunique, a permis d’intercepter respectivement à Gogounou et à Natitingou, deux groupes de trafiquants activement impliqués dans le trafic illicite des produits de faune. Dans un premier temps, trois individus ont été arrêtés à Gogounou avec quatre pointes pesant 20,09 kg. Le deuxième groupe de trafiquants a été intercepté à Natitingou avec 14 pointes d’ivoire d’un poids de 24 kg. Il faut constater que 18 pointes ont été arraisonnées. De ces interpellations, on se rend malheureusement compte que 9 éléphants ont été tués à cause de leurs défenses. C’est bien la preuve qu’il faut nécessairement renforcer la lutte à tous les niveaux pour la survie des éléphants qui sont des espèces intégralement protégées par la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Certes, le gouvernement met les bouchées doubles pour davantage sécuriser les parcs. Cela n’exclut pas qu’il faut renforcer la lutte au niveau des frontières terrestres, maritimes et aériennes pour traquer ceux qui circulent avec des produits de faune.

L’autre niveau où le bât blesse est que parmi les acteurs de la justice sensée accompagner la croisade, il y en a qui sur le terrain compliquent la tâche aux acteurs de lutte contre la criminalité faunique. Il urge que le gouvernement prenne ses responsabilités afin qu’ils comprennent véritablement les enjeux de la lutte et jouent convenablement leur rôle. Cependant, il convient d’apprécier à sa juste valeur la décision du tribunal de première instance de Natitingou qui le jeudi 24 août 2017 a respectivement condamné les deux trafiquants à quarante-huit (48) et quarante (40) mois de prison ferme. Non seulement cela, ils doivent payer une amende de 400.000F CFA à l’Etat béninois et trois millions (3.000.000) de francs CFA à titre de dommages-intérêts. Il est vivement souhaité que le tribunal de Kandi donne aussi une décision dissuasive concernant l’affaire de Gogounou. Une chose est de traquer les trafiquants pour la préservation de notre patrimoine faunique, l’autre est qu’ils subissent réellement les rigueurs de la loi.

Décision du tribunal de Natitingou : 4 ans et 3 ans 4 mois de prison pour deux trafiquants d’ivoire

Ils n’ont pas eu pitié des éléphants. Sans remords aucun, ils ont sans doute été à l’origine de l’abattage de sept éléphants dont des éléphanteaux, une espèce intégralement protégée par la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Ils ont voulu commercialiser le vendredi 11 août 2017, la veille de la célébration de la journée mondiale de l’éléphant, les quatorze (14) trophées de ces éléphants méchamment abattus.

Les âmes de ces animaux sauvages que protègent le Bénin réclamant justice, ces deux trafiquants ont été interceptés avec les 14 pointes pesant 24 kg, par les éléments du commissariat central de Natitingou. Lors de l’audience le jeudi 24 août au tribunal de Natitingou, la justice n’a accordé aucune clémence aux trafiquants. Ils ont été condamnés avec la rigueur de la loi. Le récidiviste Kora Basile a écopé de quarante-huit (48) mois d’emprisonnement ferme et le nommé Doko David doit passer quarante (40) mois ferme derrière les barreaux. Et ce n’est pas tout. Les deux inculpés sont solidairement condamnés à une amende de 400.000F CFA et au paiement à l’Etat béninois de la somme de trois millions (3.000.000) de francs CFA à titre de dommages-intérêts. Le juge a fixé la contrainte par corps à 5 jours pour les dommages-intérêts et 10 jours pour les amendes.

« L’heure est grave. Des éléphants sont massacrés pour leurs défenses… », s’est indigné Ban Ki-moon, l’ex Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, dans son message dans le cadre de la célébration de la Journée Mondiale de l’Environnement le 5 juin 2016. Qu’il vous souvienne que cette journée a eu pour thème « tolérance zéro contre le commerce illégal de la vie sauvage ». Cet appel doit constituer une invite pour tous les acteurs de lutte contre la criminalité faunique. Parlant de « tolérance zéro », le tribunal de Natitingou vient de donner la preuve que l’alerte de Ban Ki-moon n’est pas tombée dans des oreilles de sourds. Cette condamnation bien qu’elle soit dissuasive vient ragaillardir les acteurs de lutte et de conservation dont le programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-BENIN) qui ne cesse d’apporter son appui technique au gouvernement pour le renforcement de la lutte contre la criminalité faunique.

Il faut préciser que cette décision du tribunal de Natitingou doit faire objet de toutes les attentions pour qu’elle soit effectivement appliquée. Car, temps que ces trafiquants n’ont pas purgé entièrement leur peine, cette bataille n’est pas encore gagnée. Il faudrait que le Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable et ses structures sous tutelle ainsi que le Ministère de la justice restent vigilants.

 

 

 

Lutte contre la criminalité faunique : deux personnes arrêtées avec 24 kg d’ivoire à Natitingou

Les ennemis de la faune sauvage ne cessent de développer des stratégies pour détruire le patrimoine faunique. Le gouvernement de son côté ne baisse pas les bras. Le terrain est bien quadrillé. Ce qui permet aux forces de sécurité publique de veiller au grain pour traquer les trafiquants de commerce illicite des produits issus des espèces fauniques menacées d’extinction.

Cette veille permanente a permis aux braves agents de sécurité publique d’appréhender deux présumés trafiquants avec 14 pointes d’ivoire le tout pesant 24 kg. Sachant qu’un éléphant a deux pointes, les 14 défenses arraisonnées font sept majestueux éléphants abattus. L’arrestation a eu lieu la nuit du vendredi 11 août 2017. Elle a été faite par les éléments du commissariat central de Natitingou dans un hôtel de la ville avec l’appui technique du programme d’Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-BENIN). C’est la preuve que malgré les lois en vigueur et les nombreuses sensibilisations, de vils individus poursuivent leur sale besogne. Selon la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, ces deux présumés trafiquants appréhendés a la veille de la journée mondiale de l’éléphant courent d’énormes risques. L’article 153 de cette loi punit d’une amende de 100 000 à 500 000F et/ou d’un emprisonnement de 3 mois à 3 ans quiconque fait circuler des trophées ou des dépouilles sans certificat d’origine. L’article 154 punit d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. L’article 166 sanctionne les complices comme les auteurs principaux et les condamne solidairement aux amendes, frais dommages-intérêts et restitutions. Au regard de ces articles, ces deux présumés trafiquants vont répondre de leur forfait devant la justice. C’est le lieu de rappeler au Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable et ses structures sous tutelle de faire le suivi comme cela se doit pour que ces présumés trafiquants dès que leur culpabilité sera prouvée, de répondre de leurs actes. Car à l’allure où vont les actes de la criminalité faunique, seule la sensibilisation répressive permet de dissuader les réseaux des trafiquants pour la survie des espèces menacées d’extinction.

Aussi, pour que nos parcs et ses ressources naturelles emblématiques contribuent au développement durable, le gouvernement de la rupture doit intensifier la lutte contre la criminalité faunique au même moment qu’il augmente ses efforts dans la promotion des parcs.

 

Lutte contre la criminalité faunique : trois présumés trafiquants stoppés avec 20,09 kg d’ivoire à Gogounou

La lutte contre le commerce illégal de l’ivoire a une nouvelle fois porté ses fruits. Ils sont trois présumés trafiquants arrêtés avec quatre défenses d’éléphants dans la partie septentrionale du Bénin, précisément à Gogounou le mardi 04 juillet 2017.     

L’éléphant est en danger, et des menaces d’extinction pèsent sur cette espèce au fil des jours à cause de ses défenses. Le Bénin, décidé à protéger son patrimoine faunique ne baisse pas les bras. C’est ce qui a permis à la compagnie de Gendarmerie de Kandi et la Direction du Parc W avec l’appui technique du Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-BENIN), d’intercepter trois (3) présumés trafiquants avec 20,09 kg d’ivoire. Cette arrestation a eu lieu le mardi 04 juillet 2017 à Gogounou dans le département de l’Alibori au nord du Bénin.

Malgré l’interdiction du commerce de l’ivoire au plan international et la veille permanente que font les autorités béninoises pour sensibiliser sur la protection de ces espèces, des individus s’adonnent toujours à ce trafic illicite. Des structures non gouvernementales et autres personnes morales ne cessent d’informer sur la protection des éléphants en se basant surtout sur la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Pour avoir été pris en fragrant délit, l’article 153 de cette loi stipule que quiconque détient des animaux sauvages sans le permis requis ; fait circuler des trophées ou des dépouilles sans certificat d’origine, est puni d’une amende de 100 000 à 500 000F et/ou d’un emprisonnement de 3 mois à 3 ans. L’article 154 punit d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. Il est donc évident que ces présumés trafiquants répondront de leurs actes devant la justice.

Il faut rappeler que le n° 15 des Objectifs du Développement Durable, veut « préserver et restaurer les écosystèmes terrestres… ».  La cible 15.7 de cet objectif, dit qu’il faut  » prendre d’urgence des mesures pour mettre un terme au braconnage et au trafic d’espèces végétales et animales protégées, et s’attaquer au problème sous l’angle de l’offre et de la demande ». Voilà ce qui pourrait constituer une invite pour la justice pour que soient punis ces présumés trafiquants avec la dernière rigueur pour la survie de la vie sauvage.

C’est encore le moment de lancer un appel au Ministre du Cadre de Vie et du Développement Durable pour qu’il s’implique afin que la punition à infliger à ces présumés trafiquants servent d’exemple pour la sensibilisation répressive.

En six mois de croisade contre la criminalité faunique : 11 trafiquants arrêtés, 5 fermement condamnés

De janvier à juin 2017, la croisade du gouvernement contre la criminalité faunique a permis de stopper 11 trafiquants voulant commercialiser des produits de faune interdit de vente. Face à la justice sensée réprimée par ses décisions dissuasives, seulement 5 trafiquants sur les 11 ont été condamnés à des peines d’emprisonnement ferme et payés des dommages-intérêts.

La justice grâce au quadrillage de terrain du gouvernement et la collaboration technique du programme d’Appui à l’Application des lois sur la faune et la flore (AALF-Bénin), a vidé trois dossiers relatifs aux criminels de faune. Ces dossiers concernent 11 (onze) trafiquants pris en fragrant délit à Dassa-Zoumè, à Parakou et à Cotonou durant le 1er semestre de l’année 2017. Au regard des décisions que les tribunaux ont rendu, on est à un moment donné tenter de se poser des questions sur le degré de dissuasion de ces verdicts. La décision qui continue de faire couler de salive est celle qu’a rendue le TPI d’Abomey le jeudi 15 juin 2017. Bien que le pangolin tricuspide soit une espèce intégralement protégée au Bénin, deux des trois trafiquants arrêtés ont eu une condamnation assorti de sursis, 20.000 F CFA d’amendes chacun, et solidairement au paiement de 50.000 F CFA à titre de dommages-intérêts. Plus d’un pense que cette condamnation n’est vraiment pas dissuasive au point de faire prendre conscience à ces trafiquants et à leurs complices. Or l’article 154 de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin et de son texte d’application, prévoit au moins 6 mois d’emprisonnement et des amendes que le trafiquant dont la culpabilité est prouvée doit payer.

Par contre, le tribunal de première instance de Parakou dans l’affaire des 6 trafiquants d’ivoire arrêtés à  Parakou dans la dernière semaine du mois de mars 2017 avec 14,5 kg d’ivoire, la décision est applaudie. 4 de ces 6 trafiquants ont été condamnés à 12 mois de prison ferme et 15,5 millions de dommages-intérêts. Ce verdict du TPI de Parakou va certainement faire prendre conscience à ces trafiquants et servir dans le même temps de leçon aux autres criminels de la faune.

L’autre décision pas des moindres est celle qu’a rendue le tribunal de première instance de Cotonou  le mardi 21 février 2017 dans le dossier d’un trafiquant de carapaces de tortues marines. Il a été condamné à trois mois d’emprisonnement ferme, à 200.000FCFA d’amende et 1.000.000FCFA de dommages-intérêts. Cette décision dissuasive permet à tous ceux qui le long des 125 kilomètres de côtes béninoises, massacrent les tortues marines de se rendre compte que cette espèces est à protéger. Ce qui fait dire à M. Homèfa DOVI Z, Coordonnateur Adjoint du programme AALF-Bénin que « les décisions de justice de cette année comparativement à certaines des années antérieures deviennent de plus en plus dissuasives et accompagnent la lutte effrénée que le gouvernement béninois mène contre les criminels surtout de la faune qui ne veulent pas lâcher prise exceptée celle d’Abomey ».

La justice peut toujours mieux faire. Car au regard de ces décisions, on se rend compte  que seulement (5) cinq trafiquants sur les 11 (onze) arrêtés de janvier à juin 2017 ont eu effectivement des peines privatives de liberté avec des amendes à payer. Ils sont (2) deux à avoir de condamnation assorti de sursis et 4 (quatre) ont été relaxés. Il faut rappeler que l’article 166 de la loi cité supra punit les complices comme les auteurs principaux.

C’est fort de cela que le Coordonnateur Adjoint de AALF-Bénin «  invite les juges à une prise de conscience réelle pour sévèrement sanctionner ces individus décidés à faire disparaitre les espèces animales. Chacune de ces espèces joue un rôle dans l’écosystème qui subit un dommage inestimable et irréparable dont la modification fait subir ses affres à toute l’humanité ».

 

Lutte contre la criminalité faunique : une décision non dissuasive du TPI d’Abomey

Trois (3) mois d’emprisonnement assorti de sursis, 20.000 F CFA d’amendes chacun, et solidairement au paiement de 50.000 F CFA à titre de dommages-intérêts au profit de l’inspection forestière des Collines. C’est la sanction qu’a infligé un juge à deux des trois trafiquants de Pangolins et de Patas le jeudi 15 juin 2017 lors d’une audience au tribunal de première instance d’Abomey.

Il s’agit des trois trafiquants de Pangolins vivants et de Patas, arrêtés à Dassa-Zoumè le mercredi 26 avril 2017. Si deux des trois trafiquants ont eu cette sanction loin d’être dissuasive, le troisième qui a été sollicité pour le transport des animaux au lieu de la transaction, a été relaxé au bénéfice du doute.

Les éléments de l’Inspection Forestière, et ceux du Commissariat Central de Dassa-Zoumè, avec l’appui technique du Programme « Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Benin » (AALF-Bénin), ont fait cette     arrestation le 26 avril 2017 parce que le Pangolin est une espèce animale fortement menacée. Cette espèce est inscrite en annexe I de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, dans la catégorie A des animaux intégralement protégés. L’article 154 de cette loi punit d’une amende de 300 000 à 800 000 F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. L’article 166 châtie les complices comme les auteurs principaux et les condamne solidairement aux amendes, frais dommages-intérêts et restitutions. Malgré ces dispositions juridiques, le juge a opté pour une condamnation assortie de sursis. Ce qui ne protège nullement les espèces massacrées et menacées d’extinction comme le Pangolin.

Il faut aussi rappeler que nombre de décisions pris au plan international protège cette espèce. A la 17ème Conférence des Parties (COP 17) de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES) qui s’est tenue fin septembre 2016 au 05 Octobre 2016 à Johannesburg en Afrique du Sud, les huit espèces de pangolins de l’Appendice II c’est-à-dire partiellement protégées sont reclassées à l’Appendice I des espèces intégralement protégées ; Interdisant ainsi tout commerce international des pangolins. Suite à cette décision, il est demandé aux pays Parties à la CITES de se mobiliser pour que cette décision  soit rigoureusement appliquée.

Cette décision de la COP 17 cumulées avec les dispositions de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, devrait permettre au juge d’appliquer la loi comme cela se doit. Mais tel n’est pas le cas. On pourrait sans risque de se tromper croire que les pangolins sont livrés à eux-mêmes bien qu’ils soient protégés par la loi citée supra et la CITES. Au regard de ces lois, les trafiquants ne doivent bénéficier d’aucune clémence. Ils doivent subir les rigueurs de la loi avec des décisions vraiment dissuasives pouvant les amener à abandonner leurs sales besognes. Ce faisant, la justice joue mieux sa partition qui est d’accompagner le gouvernement et les autres acteurs dans la lutte contre la criminalité faunique au Bénin.

Il faut ajouter que la disparition de ces espèces portera une modification de l’écosystème car, les pangolins jouent un rôle très important en régulant la multiplication des fourmis et termites dont ils se nourrissent.

Sauvegarde de la faune au Bénin : les parties prenantes échangent pour une meilleure protection des espèces

Les acteurs œuvrant pour la protection de l’environnement ont commémoré la Journée Mondiale de la Biodiversité. Ils se sont retrouvés le vendredi 26 mai 2017 à la Direction Générale des Eaux, Forêts et Chasse (DGEFC), pour discuter sur « l’état des lieux de la protection de la faune au Bénin : rôle des différents acteurs ».

Protéger les espèces pour assurer leur développement durable préoccupe les acteurs de la protection de l’environnement. Raison pour laquelle, ils ont tenu une rencontre d’échanges dans le cadre de la journée internationale de la diversité biologique commémorée le 22 mai 2017 et qui a eu pour thème  » biodiversité et tourisme durable ». Conjointement organisée par l’Organisation pour le Développement de la faune et la biodiversité (ODDB ONG), le Forum Biodiversité du Bénin et le Centre d’Etudes, de Recherches et de Formation Forestière (CERF), la rencontre qui a réuni plus d’une cinquantaine de participants a permis d’échanger sur la lutte contre la criminalité faunique et les dangers qui planent sur les espèces menacées.

Joséa S. Dossou-Bodjrènou, Directeur de Nature Tropicale ONG, Coordonnateur du programme AALF-Bénin, dans sa communication intitulée  » rôle des parties prenantes dans la lutte contre la criminalité faunique », après avoir fait l’état des lieux, a rappelé la nécessité de protéger notre patrimoine faunique. Il a insisté sur la sauvegarde des espèces au niveau des zones côtières, les forêts sacrées, et les zones marécageuses du sud Bénin de même que dans le grand nord c’est-à-dire les Parcs nationaux que sont la Pendjari et le W. Il a souligné aussi la nécessité d’une bonne collaboration entre les divers acteurs pour une réussite de la lutte pour un environnement protégés sain et viable. Plusieurs experts ont apporté leurs contributions à cette formation. Il s’agit entre autres de l’ancien Directeur du Parc Pendjari, du Coordonnateur du Projet PAPE et des responsables de l’ONG ODDB. C’est un soutien pas des moindres pour les actions du programme  »d’Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore (AALF-BENIN). Lors de la  » présentation de la loi portant régime de la faune en République du Bénin », les participants ont de nouveau pris connaissance de la loi n°2002-16 du 18 Octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Le voile a été levé sur les espèces que protège cette loi et les articles qui sanctionnent les coupables. Pour rappel, l’article 153 de cette loi stipule que quiconque détient des animaux sauvages sans le permis requis ; fait circuler des trophées ou des dépouilles sans certificat d’origine, est puni d’une amende de 100 000 à 500 000F et/ou d’un emprisonnement de 3 mois à 3 ans. L’article 154 punit d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. Et l’article 166 signale que les complices sont punis comme les auteurs principaux et condamnés solidairement aux amendes, frais dommages-intérêts et restitutions.

Cette rencontre tenue pour la protection de la faune a vraiment permis aux divers acteurs de retrousser leurs manches en faveur des espèces fauniques et pour que la biodiversité accompagne le tourisme durable.