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Sur renvoi de la Cour Suprême dans un dossier d’ivoires : la Cour d’Appel de Parakou confirme une décision de 1ère instance

Août 2017 à mars 2021. Pendant 04 ans, l’âme des éléphants a réclamé justice. Après le ballet de correspondances entre le tribunal de 1ère instance de Natitingou, la Cour d’Appel de Parakou et la Cour Suprême, la Cour d’Appel de Parakou a rendu justice et a confirmé la décision de 1ère instance.

C’était sur renvoi de la Cour Suprême. C’est un grand soulagement pour les activistes qui ne cessent d’ovationner cette décision de la Cour d’Appel de Parakou qui contribue à la lutte contre la criminalité faunique.   

« La Cour statuant publiquement, contradictoirement et en dernier ressort en matière correctionnelle et de flagrant délit ; sur renvoi de la cause par décision de la Cour Suprême et après avoir écouté les parties… confirme en tous ses points la décision du tribunal de Natitingou rendue le 24 août 2017 et décerne mandat d’arrêt … ». C’est la substance de la décision rendue le mardi 09 mars 2021 à la Cour d’Appel de Parakou. Pour rappel, il s’agit de 02 trafiquants qu’a condamné le tribunal de Natitingou à 48 et 40 mois d’emprisonnement ferme dans un dossier de flagrant délit de 24 kg d’ivoires d’éléphants. Pour une fois encore, la justice vient de jouer sa partition s’agissant de la lutte contre la criminalité faunique. La question de « tolérance zéro » a tout son sens surtout que le gouvernement actuel donne du prix à la protection du patrimoine faunique béninois pour que nos parcs et ses ressources naturelles emblématiques contribuent au développement durable.

Lutte contre la criminalité faunique : un présumé trafiquant arrêté avec 02 pointes d’ivoires à Natitingou

La vente illicite des trophées d’espèces intégralement protégées est interdite. Cependant, de vils individus à la quête du gain facile ne manquent de stratégies pour s’adonner à ce commerce prohibé.

En effet, un présumé trafiquant a été pris en flagrant délit de commercialisation de 02 pointes d’ivoires d’éléphants dans la ville de Natitingou dans le département de l’Atacora le jeudi 11 mars 2021. Cette arrestation est l’œuvre de la Police Républicaine de Natitingou, de African Parks Network-APN / Pendjari, avec la collaboration technique du Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-Benin). Il faut aussi ajouter l’implication active du Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable, de la Direction Générale des Eaux Forêts et Chasse (DGEFC), du CENAGREF, du Ministère de la Justice et celui de la Sécurité.

On ne le dira jamais assez, nul n’a le droit de détenir, de transporter, et de commercialiser les trophées d’éléphant qui est une espèce menacée d’extinction et classée sur la liste rouge de l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN). Le Bénin au regard des conventions qu’il a signées se doit d’œuvrer pour la sauvegarde des espèces protégées. C’est fort de cela que le Gouvernement de la Rupture opte pour « tolérance zéro » s’agissant des crimes environnementaux en vue de la gestion durable et la valorisation des ressources naturelles des aires protégées. Pour avoir voulu commercialiser ces 02 pointes pesant environ 6 kg, ce présumé trafiquant est en conflit avec la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. L’article 153 de cette loi punit d’une amende de 100.000 à 500.000F et/ou d’un emprisonnement de 3 mois à 3 ans quiconque fait circuler des trophées ou des dépouilles sans certificat d’origine. L’article 154 punit d’une amende de 300.000 à 800.000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. Il n’y a aucun doute que ce présumé trafiquant va répondre de ses actes devant la justice.