Archives Mensuelles: juin 2020

Lutte contre la criminalité faunique : 7 pointes d’ivoires d’éléphants saisies à Parakou

La vigilance et le quadrillage de terrain dont font preuve les forces de sécurité publique ont encore payé. Sept (7) pointes d’ivoires d’éléphants pesant 19,25 kg ont été saisies et un présumé trafiquant arrêté le vendredi 26 juin 2020 à Parakou.

L’arrestation a été faite avec une équipe mixte de la Police Républicaine de Parakou, renforcée par des éléments de l’Inspection Forestière du Borgou avec l’appui technique du Programme Appui à l’Application des lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-Bénin). Le présumé trafiquant, il faut le signaler a été pris en flagrant délit de commercialisation des sept (7) pointes d’ivoires. L’éléphant étant une espèce intégralement protégée, la commercialisation, l’importation et l’exportation de son trophée sont interdites par l’article 154 de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin et de son texte d’application. Nul n’a le droit de faire circuler des trophées ou des dépouilles de cet animal sauvage sans certificat d’origine. Malgré ces interdictions juridiques, ce présume trafiquant a circulé avec ces ivoires et a voulu de les commercialiser. Au regard des infractions commises, il risque de lourdes peines dès que sa culpabilité sera prouvée. Il pourrait payer une amende de 100.000F à 800.000F Cfa et / ou un emprisonnement de 3 mois à 5 ans. Les complices pour ces infractions, dès qu’ils seront retrouvés sont punis comme les auteurs principaux et condamnés solidairement aux amendes, frais dommages-intérêts.

L’éléphant, de son nom scientifique Loxodonta Africana est catégorisée en annexe I. Une espèce intégralement protégée par la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004. Comme d’autres espèces de sa catégorie, cet animal mérite l’attention de tous pour sa protection. Mais le constat est que de vils individus sont toujours à ses trousses à cause de ses défenses. Ces sept (7) pointes d’ivoires sont issus d’au moins quatre (4) éléphants abattus. Or, l’actuel gouvernement continue de mettre les moyens pour la protection du patrimoine faunique. Il urge que les autres acteurs, en l’occurrence la justice accompagne le gouvernement en accordant aucune clémence aux trafiquants afin de les conscientiser. Ainsi, ils peuvent servir d’exemple aux autres individus malintentionnés qui tapissent dans l’ombre.

C’est encore le moment d’inviter les autres acteurs de la lutte contre la criminalité faunique et AALF-Bénin du réseau EAGLE de resserrer leur rang pour soutenir davantage le gouvernement pour la sauvegarde des espèces menacées d’extinction.

Malgré sa situation de danger critique d’extinction : le pangolin toujours pourchassé pour ses écailles

Le pangolin, l’espèce régulatrice des populations de termites et de fourmis risque de disparaître complètement de la biodiversité si les garde-fous nécessaires ne sont pas davantage renforcés pour sa protection. Car, malgré sa situation de danger critique d’extinction, le pangolin continue d’être au cœur du trafic entre l’Afrique et l’Asie à cause de ses écailles.

Même soupçonné d’avoir transmis le coronavirus à l’homme, le pangolin est victime de braconnage intense. Ce qui fait que des centaines voire des milliers de kg d’écailles de pangolin sont saisis et des trafiquants arrêtés. Le dimanche 07 juin 2020, les activistes de Laga au Cameroun avec l’appui des forces de sécurité publique ont arrêté trois trafiquants avec 380 kg d’écailles de pangolin. Pendant les moments intenses de covid-19 dans le monde, l’ONG française Robin des bois a annoncé que plusieurs tonnes d’écailles de pangolin sont saisies dans des aéroports en Afrique et dans des pays d’Asie. Qu’il vous souvienne qu’en mars 2018 au fret de l’aéroport de Cotonou, 513 kg d’écailles ont été saisies par la Cellule Aéroportuaire Anti Trafic (CAAT). Ces écailles sont estimées à plus de 2000 pangolins massacrés dans la sous-région.

Au regard des lois, l’espèce doit bénéficier de la plus grande protection pour ne pas disparaitre. La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), interdit la commercialisation des écailles de pangolin. La loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin déclare le pangolin comme étant une espèce intégralement protégée et le classe en annexe I.

Prenant appuis sur ces lois, plusieurs institutions travaillent pour que l’espèce ne s’éteigne pas. En soutien au gouvernement le Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-Benin) du Réseau EAGLE, met les bouchées doubles pour la protection du pangolin.

Il faut signaler que le coronavirus a amené la Chine a retiré le pangolin de la liste officielle des médicaments chinois à cause de l’extinction de l’espèce. On peut sans risque de se tromper affirmer que c’est une décision louable. En plus des lois qui encadrent la protection de l’animal, l’application rigoureuse de cette décision chinoise est un plus pour la sauvegarde de l’espèce. Le souhait est que les activistes resserrent leur rang pour épargner le pangolin de son extinction programmée.

Lutte contre la criminalité faunique : 15 peaux d’animaux protégés saisies et 1 présumé trafiquant arrêté

Des éléments de la Police Républicaine de Bohicon et de ceux de l’inspection forestière du Zou, avec la collaboration technique de AALF-Bénin ont réussi à mettre la main sur un individu qui avait en sa possession des peaux d’animaux sauvages.

Ce présumé trafiquant détenait 15 peaux de guib harnaché qu’il a voulu commercialiser. Or, cette espèce est inscrite est annexe II de la loi 2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Etant une espèce protégée, nul n’a le droit de détenir ses trophées. L’article 153 de cette loi sanctionne d’une amende de 100.000 à 500.000F et/ou d’un emprisonnement de 3 mois à 3 ans quiconque détient des animaux sauvages sans permis requis et fait circuler des trophées ou des dépouilles sans certificat d’origine. L’article 154 de la même loi punit de 300.000 à 800.000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. Au regard de ces dispositions juridiques, aucune tolérance ne devrait être accordée aux trafiquants des trophées d’espèces intégralement et partiellement protégées.

Le guib harnaché étant une espèce partiellement protégée, il est vivement souhaité que ceux pris en flagrant délit comme c’était le cas à Bohicon le jeudi 28 mai 2020, écopent des sanctions exemplaires pour que cet animal sauvage ne se retrouvent dans les jours à venir au bord de l’abîme. La sauvegarde de la biodiversité nécessite l’apport de tous. Et le thème de la journée mondiale de l’environnement célébrée le 5 juin 2020 lance un appel à l’action pour lutter contre la perte accélérée d’espèces. Et s’agissant de la faune, il faut que les activistes s’arment à nouveau de vigilance pour accentuer la lutte contre la criminalité faunique. Car, le déclin des animaux sauvages est une perte énorme pour le Bénin et la sous-région. Et pour leur protection, le gouvernement et AALF-Benin du réseau EAGLE (Eco Activists for Governance and Law Enforcement) se battent au quotidien pour barrer la route aux trafiquants qui déciment le patrimoine faunique.