Archives Mensuelles: février 2020

Lutte contre le trafic des produits prohibés : IFAW dote le Bénin d’une brigade canine

Le Fonds International pour la Protection des animaux (IFAW), a doté le Bénin d’une brigade canine. Le lancement des activités de cette brigade a eu lieu le jeudi 20 Février 2020 à la caserne des CRS à Zogbo dans la ville de Cotonou. 

Démonstrations des chiens en compagnie de leur maître à la détection de l’ivoire d’éléphants et des écailles de pangolins. Cette phase pratique devant Sacca Lafia, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, Madame Céline Sissler-Bienvenu, Directrice IFAW-France et autres responsables de la Police Républicaine, du Ministère du Cadre de Vie dont le Directeur Adjoint des Eaux, Forêts et Chasse ont convaincu de ce que la brigade canine du Bénin est vraiment prête pour accompagner la détection de la drogue, des explosifs et des produits de faune à l’aéroport, au Port et au niveau des autres frontières du Bénin. Cette brigade désormais opérationnelle est la preuve que le Bénin ne peut plus continuer à être un pays de transit de quelques produits illicites que ce soit.

C’est une fierté pour le Ministre Sacca Lafia qui a exprimé de vive voix les reconnaissances du gouvernement du Bénin à IFAW pour cet appui important dans la gestion des questions de sécurité. Car, a-t-il rappelé, « le trafic des espèces sauvages est la quatrième activité criminelle internationale au monde après le trafic de drogues, des produits de contrefaçon et des êtres humains ». On déduit de cette déclaration du Ministre de l’Intérieur que la lutte contre la criminalité faunique reçoit un appui pas des moindres pour traquer les trafiquants des produits de faune interdit de commerce. Cette brigade, IFAW l’a aussi doté des bâtiments et espaces spécialisés bien équipés, d’un laboratoire et clinique vétérinaire, et de matériels roulant adaptés au transport des équipes (chiens et maîtres-chiens).

L’être humain a à peine 30% de de capacités de détection des produits illicites pouvant transiter par les frontières. Mais les chiens ont une capacité de détection de 70 à 95%, a fait savoir Mme Céline Sissler-Bienvenu, Directrice de la session Française du Fonds International pour le Protection des animaux (IFAW-France). A l’en croire, les chiens ont besoin de s’entrainer au quotidien pour maintenir leur performance.

 La contribution de Nature Tropicale ONG 

Nature Tropicale ONG pendant la formation était aux côtés de IFAW pour outiller les policiers sur la connaissance des espèces menacées et leurs écosystèmes, le trafic illégal d’espèces sauvages au Bénin : Cas de l’éléphant, du pangolin et des tortues marines. Avec son équipe Joséa S. Dossou-Bodjrènou, Directeur de Nature Tropicale ONG a aussi travaillé avec les policiers sur les règlementations au niveau national et international qui encadrent les espèces fauniques et les criminalités environnementales au Bénin. Les techniques de dissimulation des produits n’ont pas été occultées.

Au lancement officiel des activités de la brigade canine, Mme Céline Sissler-Bienvenu a remercié Nature Tropicale ONG pour son implication dans la formation. Cette ONG, a-t-elle précisé a été choisie au regard de ses expériences dans la lutte contre les crimes environnementaux au Bénin et dans la sous-région.

Les maîtres-chiens à l’issue de la cérémonie ont à leur tour exprimé leurs reconnaissances à Nature Tropicale ONG pour avoir éclairé leur lanterne sur plusieurs aspects.

Commercialisation de trophée d’espèce intégralement protégée : deux présumés trafiquants arrêtés avec une peau de léopard

Panthera jubatus, c’est le nom scientifique de léopard. Une espèce de la catégorie des mammifères et qui est intégralement protégée par la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin et de son texte d’application.

Cette loi informe que nul n’a le droit de commercialiser ses trophées et dépouilles en dehors des cas permis. Malgré cela, deux individus pour tentative de commercialisation d’une peau de léopard ont été arrêtés le vendredi 7 février 2020 à Bohicon. Des informations qui nous sont parvenues, ils étaient sur le point de conclure la transaction quand une équipe mixte de force de sécurité publique a fait irruption sur les lieux. Pris ainsi en flagrant délit, ils risquent de payer une amende de 300 000F à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans. Leur sort est désormais dans les mains de la justice qui décidera de la suite à donner à cette affaire.

La Police Républicaine et l’inspection forestière du Zou ont pu appréhender ces présumés trafiquants grâce à l’appui technique du Programme d’Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-Bénin). Il faut rappeler que le léopard est classé comme vulnérable sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Au regard des efforts que font le gouvernement pour la protection des animaux sauvages menacés d’extinction, il est indispensable que les autres acteurs de lutte contre la criminalité faunique lui prêtent mains fortes pour que les aires protégées ne deviennent des déserts d’espèces emblématiques sensées attirées les touristes.

C’est à nouveau l’occasion de rappeler que les espèces intégralement protégées sont interdites de transport et de vente. Il y a nombres de dispositions juridiques qui sanctionnent ceux qui s’entêtent. Et les complices sont punis au même titre que les auteurs.