Archives Mensuelles: novembre 2017

Arrestation de produits de faune sauvage : deux trafiquants appréhendés à Djougou avec 2 pointes d’ivoires

L’acte que posent les trafiquants des produits de faune sauvage sont aux antipodes des actions que mène le gouvernement pour la protection du patrimoine faunique béninois. En témoigne l’arrestation de deux présumés trafiquants de défenses d’éléphants le jeudi 30 novembre 2017 à Djougou dans le département de la Donga au nord du Bénin, en possession de deux pointes d’ivoires.

En effet, ils étaient sur le point de conclure la transaction illicite de deux pointes d’ivoires quand les éléments du Commissariat central de Djougou et ceux de l’inspection Forestière ont fait irruption sur les lieux. Ces présumés trafiquants ont été pris en fragrant délit de commercialisation de défenses d’éléphants, une espèce intégralement protégée par la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Cette arrestation faite grâce à l’appui technique du Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-Benin), vient une fois encore confirmer le danger qui plane sur la survie des éléphants dans les parcs Pendjari et W. Sachant qu’il y a une loi qui protège l’éléphant à cause des menaces d’extinction qui pèsent sur cet animal, ces présumés trafiquants vont certainement répondre de leurs actes devant la justice. Ils risquent de payer une amende de 300 000 à 800 000 Fcfa et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans selon l’article 154 de la loi portant régime de la faune en République du Bénin. Ce même article punit quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis.

Après leur arrestation, les présumés trafiquants sont aux mains des forces de sécurité publique en attendant la suite de la procédure. C’est le moment de rappeler au Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable et ses structures sous tutelle de faire la veille sur ce dossier afin que ces individus subissent les rigueurs de la loi.

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Lutte contre les crimes environnementaux : AALF-Bénin outille les officiers de Police et la douane

Les forces de sécurité publique sont activement impliquées dans la lutte contre la criminalité faunique. Conscient de cela, le programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore (AALF-Bénin) s’est inscrit dans la dynamique de leur donner les outils nécessaires afin qu’elles jouent pleinement leur partition.

Après l’étape des agents en formation à l’école supérieure de Police à Cotonou, l’équipe de AALF-Bénin s’est rendue dans les locaux du commissariat central de Porto-Novo le lundi 13 novembre 2017. Cette rencontre a permis aux deux parties d’échanger sur les techniques de dissimulation des produits de faune interdit de commercialisation, et les lois qui encadrent la lutte contre la criminalité faunique.

Face aux agents de Police du commissariat central de Porto-Novo et ceux venus des commissariats des arrondissements de la ville capitale, Homèfa DOVI, Coordonnateur adjoint du programme AALF-Bénin leur a montré les techniques de dissimulation qu’utilisent les trafiquants pour tromper la vigilance des agents de sécurité. « Notre objectif est de les outiller afin qu’ils fassent désormais attention à ce trafic illicite qui dépeuple notre patrimoine faunique », a-t-il fait savoir.

Partant de la constitution du Bénin, passant par la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, sans oublier les conventions que le Bénin a ratifiées, Benjamin DAGBETO, juriste au programme AALF-Bénin a présenté les outils juridiques sur la criminalité environnementale et ceux qui sanctionnent spécifiquement la criminalité faunique.

« Je vous félicite beaucoup pour cette sensibilisation. Je souhaite qu’elle soit étendue sur tout le territoire national parce que la flore et la faune doivent être réellement protégées. Certaines espèces animales sont en voie de disparition. Ces genres de rencontres peuvent participer à la protection des espèces menacées »,  a confié Gaston HOUNDJANTO, Commissaire de Police chargé de la police judiciaire au commissariat central de la ville de Porto-Novo.

Les étapes du commissariat central de Ouidah et de la douane 

Le même exercice a été fait avec les éléments du commissariat central de la ville de Ouidah le lundi 20 novembre 2017. En présence du commissaire central qui a suivi de bout en bout les communications de l’équipe du programme AALF-Bénin, c’était l’occasion pour ces agents de sécurité de comprendre davantage l’enjeu de la lutte contre la criminalité faunique. Les débats après les communications ont levé nombre d’équivoques et ont ragaillardi les agents qui ont apprécié la rencontre à sa juste valeur. « J’avoue que c’est une très belle initiative. Vous avez délivré un très bon message. Cela va sans doute permettre aux OPJ qui ont suivi la formation de mieux faire face désormais aux infractions liées à la faune et à la flore », a laissé entendre Ferdinand Coffi NONHOUEGNON, commissaire central de la ville de Ouidah.

Le jeudi 23 novembre 2017, les agents de la douane de la direction de lutte contre la fraude sise à Cotonou, ont reçu la visite de l’équipe de AALF-Bénin. Grâce à leur savoir-faire, ces douaniers ont eu de nouveaux outils sur les techniques de dissimulation des produits de faune et sur les dispositions juridiques qui sanctionnent le trafic des produits de faune et les crimes environnementaux.

Peine d’emprisonnement assorti de sursis au TPI de Cotonou : une condamnation qui freine la lutte contre la criminalité faunique

Le tribunal de première instance de Cotonou a rendu sa décision dans l’affaire des trafiquants arrêtés le lundi 30 octobre 2017 avec deux pointes d’ivoires à Cotonou. Lors de l’audience le lundi 27 novembre 2017, le juge a condamné les deux trafiquants à 18 mois assortis de sursis, à 100.000 F Cfa d’amendes et 1.000.000 FCfa de dommages et intérêts.

Cette condamnation loin d’être dissuasive selon les activistes engagés, ne participe pas en réalité à la lutte contre la criminalité faunique. Elle a tout de même le mérite de faire comprendre au public que rien ne sera plus comme avant et que la ‘’Tolérance Zéro’’ est de mise en ce qui concerne les crimes fauniques au Bénin de la Rupture.

Par ailleurs, quand on sait que le Bénin dispose de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, il y a de la matière à s’inquiéter du sort réservé à la faune sauvage au regard de cette décision de justice. En annexe de cette loi, et dans la catégorie A, l’éléphant est en tête de liste des animaux sauvages intégralement protégés. L’article 154 punit d’une amende de 300 000 à 800 000 Fcfa et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. Il faut rappeler que ces trafiquants ont été appréhendés en fragrant délit de commercialisation de deux défenses équivalent d’un d’éléphant abattu. L’article 158 vient corser la peine annoncée par l’article 154. Cette peine peut être portée au triple lorsque l’infraction est commise dans une aire protégée ou aux dépens d’un animal intégralement protégé. Au regard de ces dispositions de la loi, et sans risque de se tromper, cette condamnation assortie de sursis freine la lutte contre la criminalité faunique.

C’est le lieu d’inviter les acteurs de lutte contre les crimes environnementaux à redoubler d’ardeur pour faire comprendre à tous les maillons de la chaine de condamnation qu’il faut des décisions vraiment dissuasives pour décourager les trafiquants. Une des manières pour démanteler les réseaux de trafic illicite de produits de faune pour la sauvegarde des animaux sauvages intégralement protégés.