Archives Mensuelles: octobre 2017

Lutte contre la criminalité faunique : deux présumés trafiquants arrêtés avec 2 pointes d’ivoires à Cotonou

Les éléments de la Direction centrale de la Police Judiciaire et ceux de l’administration forestière, avec l’appui technique du Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-Bénin), ont mis la main sur deux présumés trafiquants le lundi 30 octobre 2017 dans un hôtel à Cotonou, précisément dans la zone d’Agontikon.

Ces deux présumés trafiquants se sont rendus sur les lieux pour finaliser la transaction de deux (2) pointes d’ivoires qu’ils avaient sur eux. Ces défenses, il faut le préciser ont été préalablement arrachées à un éléphant abattu pour alimenter ce commerce illicite de produits de faune. L’éléphant étant une espèce intégralement protégée, toute personne qui circule avec des produits issus de cet animal sauvage sans le permis requis est en infraction. Plusieurs articles de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, définissent clairement les sanctions qui attendent ceux qui détiennent des trophées de cet animal. Ces deux présumés trafiquants étant pris en fragrant d’élit de commercialisation, dès que leur culpabilité sera prouvée, vont subir les sanctions prévues par les articles 153 ; 154 et suivants de la loi citée supra. L’article 154 par exemple punit « d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis ». Ces présumés trafiquants seront dans les heures à venir présentés au procureur de la République qui décidera de leur sort. Ils seront par la suite punis conformément aux dispositions juridiques en vigueur au Bénin.

C’est encore le moment de lancer un appel aux acteurs de lutte contre la criminalité faunique pour que le terrain soit mieux quadrillé afin de barrer la route aux réseaux des trafiquants qui déciment notre patrimoine faunique. Aussi, que le Ministère du cadre de vie et du développement durable et ses structures sous tutelle ne manquent pas de faire le suivi de cette affaire pour que les auteurs de cet acte subissent effectivement les rigueurs de la loi.

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Lutte contre la criminalité faunique : les Officiers de Police se renforcent sur l’application des lois sur l’environnement

La deuxième vague des Officiers de Police en formation à l’école de Police ont reçu la visite de AALF-Bénin le jeudi 26 octobre 2017. C’était dans le cadre de renforcement de leurs capacités dans le domaine de la lutte contre la criminalité faunique en République du Bénin.      

Film documentaire sur la criminalité faunique et communications soutenues par des images ont permis aux activistes du Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-Bénin), de montrer aux officiers de Police leurs implications dans la lutte contre la criminalité faunique.

Venus des douze départements du Bénin, ils ont eu le temps de toucher du doigt les causes et conséquences du trafic illicite des produits de faune et le rôle qu’ils doivent jouer pour permettre à la justice de bien faire son travail.

Dans sa communication sur « les techniques de dissimilation de trophées d’espèces protégées », Homefa Dovi, Coordonnateur adjoint du Programme AALF-Bénin, a fait à ces agents de police, l’historique de la lutte contre la criminalité faunique, les premiers pas de l’AALF-Bénin, les méthodes utilisées pour la lutte, les circuits du trafic puis a surtout insisté sur les techniques qu’utilisent les trafiquants de ce commerce illicite des produits de faune.

Benjamin Dagbéto, Juriste à AALF-Bénin, faisant « l’aperçu sur les lois environnementales, conventions internationales et leurs applications au Bénin », a exposé aux officiers de Police, l’arsenal juridique dont dispose le Bénin parlant de la lutte contre la criminalité faunique. Ce sur quoi il est régulièrement revenu est la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Des articles de cette loi définissent les conditions de privation de liberté et les amendes à infliger aux personnes reconnues coupables. L’article 158, a expliqué M. Dagbéto dit que les peines peuvent être doublées ou triplées selon les circonstances. Parlant du rôle des magistrats et des agents assermentés, il a plus mis l’accent sur le rôle des Officiers de Police judiciaire et les éléments dont ils doivent tenir compte dans la rédaction du procès-verbal. Ce juriste n’a pas manqué de présenter quelques résultats qu’a obtenu AALF-Bénin depuis 2014 que le programme accompagne le gouvernement dans le lutte contre la criminalité faunique.

Le film documentaire et les deux communications ont aiguisé l’appétit des agents qui n’ont eu d’hésitation aucune à saisir l’occasion pour que leur lanterne soit éclairée sur des aspects donnés. Les échanges avec l’équipe de AALF-Bénin sur les points d’ombres ont permis à ces officiers de comprendre qu’ils doivent activement s’impliquer dans la lutte contre la criminalité faunique et jouer leur rôle comme cela se doit.

 

Lutte contre la criminalité faunique : des activistes encouragent la justice à durcir les peines

La lutte contre les crimes fauniques au Bénin prend une nouvelle tournure. La justice joue de plus en plus sa partition par des décisions répressives. Ce qui ragaillardit les activistes et promet un meilleur lendemain pour le patrimoine faunique béninois.  

« Nous avons appris que nos juridictions ont condamné un trafiquant à 5 ans de prison ferme avec des dommages-intérêts. Cette décision montre que la justice joue sa partition ». C’est l’appréciation que fait Joséa Dossou-Bodjrènou, activiste, Directeur de Nature Tropicale ONG, suite à la dernière décision du tribunal de Kandi dans une affaire de commercialisation de  20.09 kg d’ivoire à Gogounou. L’accusé principal a écopé de 60 mois d’emprisonnement ferme avec 800.000F Cfa d’amendes à payer. Une décision en phase avec la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Cette sentence du juge le 03 octobre 2017 a donné une lueur d’espoir au programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-BENIN) et aux acteurs de lutte contre la criminalité faunique au Bénin. Au regard des menaces qui planent sur l’éléphant une espèce menacées d’extinction, d’autres acteurs pensent que la justice peuvent aller au-delà de cette sanction. Tel est le cas de Patrice Sagbo, activiste de la nature, « nous devons les encourager à aller plus loin pour décourager les trafiquants », a-t-il fait avoir. Le Bénin a les lois les plus dures et il faut les appliquer insiste-t-il. Gaston Akouèhou, point focal Convention sur la Diversité Biologique pense que « le juge a ses raisons pour avoir prononcé cette peine ». Il estime qu’il faut amener les juges à vivre certaines réalités pour comprendre davantage ce que ces espèces représentent pour le pays. « Nous manquons un travail qui est d’amener le juge dans les forêts classées, dans les aires protégées pour qu’il apprécie l’importance des espèces fauniques en période touristique », signale M. Akouèhou. Il pense qu’il faut requalifier l’acte commis sur les éléphants. « On pouvait dire que tuer un éléphant est un crime. Lorsqu’on qualifie cela de crime, le juge est obligé de réfléchir avant de rendre sa sentence », a-t-il notifié.

Ils exhortent tous les magistrats, les juges et autres à appliquer la loi avec rigueur afin de punir véritablement les crimes fauniques.

La sensibilisation répressive

 » Que les gens ne disent plus qu’ils ne sont pas informés de la loi sur la criminalité faunique. Tout le monde sait ce qui est bien et ce qui est mauvais. Si les gens ne sont pas informés, pourquoi ils se cachent pour faire ce qui est mauvais ? « , s’interroge M. Dossou-Bodjrènou. A l’en croire, l’étape de la sensibilisation verbale est dépassée. Seule la sensibilisation répressive peut garantir une protection pour les espèces intégralement protégées. Et parlant de sensibilisation répressive, on se souvient de la décision du tribunal de Natitingou qui a condamné en août 2017 un récidiviste à quarante-huit (48) mois d’emprisonnement ferme et priver un autre à quarante (40) mois de liberté toujours pour une affaire de trafic d’ivoire. Les deux inculpés sont solidairement condamnés à une amende de 400.000F CFA et au paiement à l’Etat béninois de la somme de trois millions (3.000.000) de francs CFA à titre de dommages-intérêts.

D’autres acteurs pour mener à bien cette lutte sont les communautés. Raison pour laquelle M. Dossou-Bodjrènou les invites à ne plus être complices de ces massacres sur les espèces intégralement protégées. Cet activiste demande aux trafiquants de se convertir à d’autres activités qui pourraient leur générer des ressources.

Lutte contre la criminalité faunique au Bénin : un trafiquant condamné à la peine maximale de 5 ans de prison ferme

C’est la première peine maximale qu’un juge a prononcée contre un trafiquant de produits de faune dans la lutte que mène AALF-BENIN. Pris dans l’affaire de commercialisation de 20,09 kg d’ivoire à Gogounou, le sieur Doti Bio a écopé de 60 mois d’emprisonnement ferme. Soit cinq ans à passer derrière les barreaux. Il doit payer en plus 800.000F Cfa d’amendes.

C’est la décision qu’a rendu le mardi 03 octobre 2017, un juge du tribunal de Kandi, lors du délibéré de l’affaire de  trafiquants d’ivoire arrêtés à Gogounou le mardi 04 juillet 2017. Cette condamnation est parfaitement en lien avec la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Cette loi en son article 154 « punit d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis ».

Il faut signaler aussi que les inculpés Amani  Abdoulaye, Sabi Sogo Guéka et Assouma Yacoubou sont condamnés à 36 mois d’emprisonnement assortis de sursis et 300.000 francs Cfa d’amendes chacun. Le juge ne s’est pas arrêté là. Tous les prévenus doivent payer solidairement 2.000.000 F Cfa au Centre Nationale de gestion des réserves de faune (CENAGREF) pour dommages-intérêts. Cette décision mérite d’être saluée car, encourage le gouvernement et les autres acteurs activement impliqués dans la lutte contre la criminalité faunique dont le Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-BENIN). Avec de telle décision dissuasive, il y a de l’espoir que le patrimoine faunique béninois et mondial se portent mieux et jouent leur partition dans l’écotourisme.

Le juge dans sa décision annonce que les trafiquants ont un délai de 15 jours pour faire appel. Par rapport à ce dernier volet, il faut que le Ministère du Cadre de Vie et ses structures sous tutelle maintiennent la veille pour que ces trafiquants purgent leur peine, payent les amendes et les dommages-intérêts. Seule l’application rigoureuse de ces décisions de justice peut sensiblement dissuader les trafiquants très engagés à exterminer nos ressources naturelles.