Lutte contre la criminalité faunique : une décision du tribunal de Cotonou encourage les trafiquants d’ivoire

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Un juge du tribunal de première instance de Cotonou a remis en liberté les trois trafiquants spécialisés dans la fabrication et la vente d’objets d’arts à base d’ivoire. Ces trafiquants ont été appréhendés par la Police Judiciaire le lundi 4 juillet 2016 dans la zone du camp Guézo à Cotonou, avec le concours du Programme d’Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore.

Ils avaient sur eux des objets d’un poids total d’environ dix kilogrammes. Le mercredi 27 juillet 2016, à l’issue de l’audience devant statuer sur leur sort, le juge a condamné ces trafiquants à 3 mois d’emprisonnement assorti de sursis et 20.000F CFA d’amendes. Cette décision, n’a aucun effet sur ces trafiquants déjà en liberté. Le gouvernement de la rupture étant résolument engagé dans la lutte contre la criminalité faunique, le juge en charge de ce dossier, pour avoir pris cette décision met le plomb non seulement dans l’aile du gouvernement, mais aussi de ceux qui se battent au quotidien pour la protection des espèces protégées qui sont dans les parcs W et Pendjari. Cette décision en toute sincérité n’effraie guère ces trafiquants qui ne vont pas hésiter à commanditer d’autres abattages d’éléphants dans les parcs pour avoir de la matière première afin de poursuivre leurs activités. Et cette matière première étant l’ivoire, on peut affirmer que cette décision encourage le massacre des éléphants qui sont des espèces intégralement protégées. Or, selon le deuxième alinéa de l’article 153 de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin et de son texte d’application, celui qui fait circuler des trophées ou des dépouilles sans certificat d’origine est puni d’une amende de 100 000 à 500 000F et/ou d’un emprisonnement de 3 mois à 3 ans. Est puni d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis, stipule le quatrième alinéa de l’article 154 de la même loi. Certes, le juge est indépendant et prend les décisions selon son intime conviction, mais des décisions comme celle qui est prise dans le cas présent contribue à vider les parcs et les aires protégées de leur contenu.

 

 

 

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Publié le juillet 27, 2016, dans Uncategorized. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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