Lutte contre la criminalité faunique en Afrique : un béninois arrêté au Gabon pour trafic de peaux de panthères et d’ivoires

Un présumé trafiquant de nationalité béninoise a été pris en flagrant délit de détention et commercialisation de trois trophées d’espèces intégralement protégées en territoire gabonais. Il s’agit de deux peaux de panthères et une pointe d’Ivoire. C’est le butin du présumé trafiquant. Mais il n’en tirera pas profit puisqu’il a été pris par les éléments de la Police Judiciaire de la ville de Lambaréné au centre du Gabon le mardi 21 novembre 2017.

Selon des sources proches du dossier, le présumé trafiquant avait pris rendez-vous avec des clients au quartier Isaac où devait avoir lieu la transaction. Informés de cette éventuelle transaction, des éléments de la Police Judicaire, ceux des Eaux et Forêts ont fait irruption sur les lieux de la transaction. L’équipe a surpris le présumé trafiquant qui avait déjà étalé sa marchandise pour la présenter à son client. Les acteurs ont été appréhendés et les produits saisis.

Cette arrestation il faut le préciser, a été faite avec l’appui technique de l’ONG Conservation Justice qui se bat pour la protection des espèces intégralement protégés au Gabon.

Interpellé, le présumé trafiquant n’a pas nier les faits. Il a avoué avoir été pris alors même qu’il s’apprêtait à commercialiser ses trophées. Placé en garde à vue, dans un premier temps, il va répondre par la suite de ses actes devant la justice pour les délits de détention et de commercialisation de trophées d’espèces intégralement protégées conformément au code forestier. Il risque de passer les six prochains mois à la prison centrale de Lambaréné au Gabon.

Comme le Gabon, le Bénin n’a pas baissé les bras parlant de la lutte contre la criminalité faunique. Le Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-Bénin) ne cesse d’apporter son appui technique au gouvernement pour la sauvegarde des espèces intégralement protégées. Ce qui a déjà permis d’interpeller plusieurs trafiquants depuis 2014. Il y a le cas du jeudi 30 novembre 2017 à Djougou où deux présumés trafiquants ont été arrêtés. Ces présumés trafiquants ont été pris en fragrant délit de commercialisation avec deux pointes d’ivoires. Ils seront jugés conformément aux dispositions de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin.

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Lutte contre la criminalité faunique : 6 personnes arrêtées à Ouidah pour trafic d’ivoires

Plus de chance pour les auteurs des crimes environnementaux au Bénin. Le gouvernement de la rupture est au jour le jour aux trousses des individus décidés à en découdre avec le patrimoine faunique béninois.

Ils sont six présumés trafiquants à être appréhendés le mercredi 6 décembre 2017 à Ouidah dans le département de l’Atlantique en possession de deux (2) pointes d’ivoires d’éléphants. Sur ordre des autorités béninoises, les éléments du Commissariat central de Ouidah et les forestiers ont mis aux arrêts ces présumés trafiquants avec la collaboration technique du programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-Bénin). Le marché qu’ils ont préalablement conclu pour livrer ces deux pointes d’ivoires l’équivalent d’un éléphant abattu n’est pas allé à son terme à cause de la vigilance des forces de sécurité publique. Les auteurs de ce commerce illicite sont en infraction car, quiconque ne peut importer, exporter, réexporter ou commercialiser des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis, selon l’article 154 de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Et puisque ces présumés trafiquants sont pris en fragrant délit, ils seront dès que leur culpabilité sera prouvée punis conformément aux dispositions de l’article 154 qui prévoit pour ces genres d’infraction, une amende de 300 000 à 800 000 Fcfa et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans. En temps opportun, la justice va décider du sort de ces présumés trafiquants. Surtout que l’éléphant est une espèce intégralement protégée et que la rupture opte pour « tolérance zéro » contre les crimes environnementaux, la sanction sera sans doute à la hauteur de l’acte commis. Aussi, il faut que les acteurs impliqués dans la lutte contre la criminalité faunique jouent leur partition afin que ces trafiquants soient réellement punis.

Arrestation de produits de faune sauvage : deux trafiquants appréhendés à Djougou avec 2 pointes d’ivoires

L’acte que posent les trafiquants des produits de faune sauvage sont aux antipodes des actions que mène le gouvernement pour la protection du patrimoine faunique béninois. En témoigne l’arrestation de deux présumés trafiquants de défenses d’éléphants le jeudi 30 novembre 2017 à Djougou dans le département de la Donga au nord du Bénin, en possession de deux pointes d’ivoires.

En effet, ils étaient sur le point de conclure la transaction illicite de deux pointes d’ivoires quand les éléments du Commissariat central de Djougou et ceux de l’inspection Forestière ont fait irruption sur les lieux. Ces présumés trafiquants ont été pris en fragrant délit de commercialisation de défenses d’éléphants, une espèce intégralement protégée par la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Cette arrestation faite grâce à l’appui technique du Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-Benin), vient une fois encore confirmer le danger qui plane sur la survie des éléphants dans les parcs Pendjari et W. Sachant qu’il y a une loi qui protège l’éléphant à cause des menaces d’extinction qui pèsent sur cet animal, ces présumés trafiquants vont certainement répondre de leurs actes devant la justice. Ils risquent de payer une amende de 300 000 à 800 000 Fcfa et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans selon l’article 154 de la loi portant régime de la faune en République du Bénin. Ce même article punit quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis.

Après leur arrestation, les présumés trafiquants sont aux mains des forces de sécurité publique en attendant la suite de la procédure. C’est le moment de rappeler au Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable et ses structures sous tutelle de faire la veille sur ce dossier afin que ces individus subissent les rigueurs de la loi.

Lutte contre les crimes environnementaux : AALF-Bénin outille les officiers de Police et la douane

Les forces de sécurité publique sont activement impliquées dans la lutte contre la criminalité faunique. Conscient de cela, le programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore (AALF-Bénin) s’est inscrit dans la dynamique de leur donner les outils nécessaires afin qu’elles jouent pleinement leur partition.

Après l’étape des agents en formation à l’école supérieure de Police à Cotonou, l’équipe de AALF-Bénin s’est rendue dans les locaux du commissariat central de Porto-Novo le lundi 13 novembre 2017. Cette rencontre a permis aux deux parties d’échanger sur les techniques de dissimulation des produits de faune interdit de commercialisation, et les lois qui encadrent la lutte contre la criminalité faunique.

Face aux agents de Police du commissariat central de Porto-Novo et ceux venus des commissariats des arrondissements de la ville capitale, Homèfa DOVI, Coordonnateur adjoint du programme AALF-Bénin leur a montré les techniques de dissimulation qu’utilisent les trafiquants pour tromper la vigilance des agents de sécurité. « Notre objectif est de les outiller afin qu’ils fassent désormais attention à ce trafic illicite qui dépeuple notre patrimoine faunique », a-t-il fait savoir.

Partant de la constitution du Bénin, passant par la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, sans oublier les conventions que le Bénin a ratifiées, Benjamin DAGBETO, juriste au programme AALF-Bénin a présenté les outils juridiques sur la criminalité environnementale et ceux qui sanctionnent spécifiquement la criminalité faunique.

« Je vous félicite beaucoup pour cette sensibilisation. Je souhaite qu’elle soit étendue sur tout le territoire national parce que la flore et la faune doivent être réellement protégées. Certaines espèces animales sont en voie de disparition. Ces genres de rencontres peuvent participer à la protection des espèces menacées »,  a confié Gaston HOUNDJANTO, Commissaire de Police chargé de la police judiciaire au commissariat central de la ville de Porto-Novo.

Les étapes du commissariat central de Ouidah et de la douane 

Le même exercice a été fait avec les éléments du commissariat central de la ville de Ouidah le lundi 20 novembre 2017. En présence du commissaire central qui a suivi de bout en bout les communications de l’équipe du programme AALF-Bénin, c’était l’occasion pour ces agents de sécurité de comprendre davantage l’enjeu de la lutte contre la criminalité faunique. Les débats après les communications ont levé nombre d’équivoques et ont ragaillardi les agents qui ont apprécié la rencontre à sa juste valeur. « J’avoue que c’est une très belle initiative. Vous avez délivré un très bon message. Cela va sans doute permettre aux OPJ qui ont suivi la formation de mieux faire face désormais aux infractions liées à la faune et à la flore », a laissé entendre Ferdinand Coffi NONHOUEGNON, commissaire central de la ville de Ouidah.

Le jeudi 23 novembre 2017, les agents de la douane de la direction de lutte contre la fraude sise à Cotonou, ont reçu la visite de l’équipe de AALF-Bénin. Grâce à leur savoir-faire, ces douaniers ont eu de nouveaux outils sur les techniques de dissimulation des produits de faune et sur les dispositions juridiques qui sanctionnent le trafic des produits de faune et les crimes environnementaux.

Peine d’emprisonnement assorti de sursis au TPI de Cotonou : une condamnation qui freine la lutte contre la criminalité faunique

Le tribunal de première instance de Cotonou a rendu sa décision dans l’affaire des trafiquants arrêtés le lundi 30 octobre 2017 avec deux pointes d’ivoires à Cotonou. Lors de l’audience le lundi 27 novembre 2017, le juge a condamné les deux trafiquants à 18 mois assortis de sursis, à 100.000 F Cfa d’amendes et 1.000.000 FCfa de dommages et intérêts.

Cette condamnation loin d’être dissuasive selon les activistes engagés, ne participe pas en réalité à la lutte contre la criminalité faunique. Elle a tout de même le mérite de faire comprendre au public que rien ne sera plus comme avant et que la ‘’Tolérance Zéro’’ est de mise en ce qui concerne les crimes fauniques au Bénin de la Rupture.

Par ailleurs, quand on sait que le Bénin dispose de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, il y a de la matière à s’inquiéter du sort réservé à la faune sauvage au regard de cette décision de justice. En annexe de cette loi, et dans la catégorie A, l’éléphant est en tête de liste des animaux sauvages intégralement protégés. L’article 154 punit d’une amende de 300 000 à 800 000 Fcfa et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. Il faut rappeler que ces trafiquants ont été appréhendés en fragrant délit de commercialisation de deux défenses équivalent d’un d’éléphant abattu. L’article 158 vient corser la peine annoncée par l’article 154. Cette peine peut être portée au triple lorsque l’infraction est commise dans une aire protégée ou aux dépens d’un animal intégralement protégé. Au regard de ces dispositions de la loi, et sans risque de se tromper, cette condamnation assortie de sursis freine la lutte contre la criminalité faunique.

C’est le lieu d’inviter les acteurs de lutte contre les crimes environnementaux à redoubler d’ardeur pour faire comprendre à tous les maillons de la chaine de condamnation qu’il faut des décisions vraiment dissuasives pour décourager les trafiquants. Une des manières pour démanteler les réseaux de trafic illicite de produits de faune pour la sauvegarde des animaux sauvages intégralement protégés.

Lutte contre la criminalité faunique : deux présumés trafiquants arrêtés avec 2 pointes d’ivoires à Cotonou

Les éléments de la Direction centrale de la Police Judiciaire et ceux de l’administration forestière, avec l’appui technique du Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-Bénin), ont mis la main sur deux présumés trafiquants le lundi 30 octobre 2017 dans un hôtel à Cotonou, précisément dans la zone d’Agontikon.

Ces deux présumés trafiquants se sont rendus sur les lieux pour finaliser la transaction de deux (2) pointes d’ivoires qu’ils avaient sur eux. Ces défenses, il faut le préciser ont été préalablement arrachées à un éléphant abattu pour alimenter ce commerce illicite de produits de faune. L’éléphant étant une espèce intégralement protégée, toute personne qui circule avec des produits issus de cet animal sauvage sans le permis requis est en infraction. Plusieurs articles de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, définissent clairement les sanctions qui attendent ceux qui détiennent des trophées de cet animal. Ces deux présumés trafiquants étant pris en fragrant d’élit de commercialisation, dès que leur culpabilité sera prouvée, vont subir les sanctions prévues par les articles 153 ; 154 et suivants de la loi citée supra. L’article 154 par exemple punit « d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis ». Ces présumés trafiquants seront dans les heures à venir présentés au procureur de la République qui décidera de leur sort. Ils seront par la suite punis conformément aux dispositions juridiques en vigueur au Bénin.

C’est encore le moment de lancer un appel aux acteurs de lutte contre la criminalité faunique pour que le terrain soit mieux quadrillé afin de barrer la route aux réseaux des trafiquants qui déciment notre patrimoine faunique. Aussi, que le Ministère du cadre de vie et du développement durable et ses structures sous tutelle ne manquent pas de faire le suivi de cette affaire pour que les auteurs de cet acte subissent effectivement les rigueurs de la loi.

Lutte contre la criminalité faunique : les Officiers de Police se renforcent sur l’application des lois sur l’environnement

La deuxième vague des Officiers de Police en formation à l’école de Police ont reçu la visite de AALF-Bénin le jeudi 26 octobre 2017. C’était dans le cadre de renforcement de leurs capacités dans le domaine de la lutte contre la criminalité faunique en République du Bénin.      

Film documentaire sur la criminalité faunique et communications soutenues par des images ont permis aux activistes du Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-Bénin), de montrer aux officiers de Police leurs implications dans la lutte contre la criminalité faunique.

Venus des douze départements du Bénin, ils ont eu le temps de toucher du doigt les causes et conséquences du trafic illicite des produits de faune et le rôle qu’ils doivent jouer pour permettre à la justice de bien faire son travail.

Dans sa communication sur « les techniques de dissimilation de trophées d’espèces protégées », Homefa Dovi, Coordonnateur adjoint du Programme AALF-Bénin, a fait à ces agents de police, l’historique de la lutte contre la criminalité faunique, les premiers pas de l’AALF-Bénin, les méthodes utilisées pour la lutte, les circuits du trafic puis a surtout insisté sur les techniques qu’utilisent les trafiquants de ce commerce illicite des produits de faune.

Benjamin Dagbéto, Juriste à AALF-Bénin, faisant « l’aperçu sur les lois environnementales, conventions internationales et leurs applications au Bénin », a exposé aux officiers de Police, l’arsenal juridique dont dispose le Bénin parlant de la lutte contre la criminalité faunique. Ce sur quoi il est régulièrement revenu est la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Des articles de cette loi définissent les conditions de privation de liberté et les amendes à infliger aux personnes reconnues coupables. L’article 158, a expliqué M. Dagbéto dit que les peines peuvent être doublées ou triplées selon les circonstances. Parlant du rôle des magistrats et des agents assermentés, il a plus mis l’accent sur le rôle des Officiers de Police judiciaire et les éléments dont ils doivent tenir compte dans la rédaction du procès-verbal. Ce juriste n’a pas manqué de présenter quelques résultats qu’a obtenu AALF-Bénin depuis 2014 que le programme accompagne le gouvernement dans le lutte contre la criminalité faunique.

Le film documentaire et les deux communications ont aiguisé l’appétit des agents qui n’ont eu d’hésitation aucune à saisir l’occasion pour que leur lanterne soit éclairée sur des aspects donnés. Les échanges avec l’équipe de AALF-Bénin sur les points d’ombres ont permis à ces officiers de comprendre qu’ils doivent activement s’impliquer dans la lutte contre la criminalité faunique et jouer leur rôle comme cela se doit.

 

Lutte contre la criminalité faunique : des activistes encouragent la justice à durcir les peines

La lutte contre les crimes fauniques au Bénin prend une nouvelle tournure. La justice joue de plus en plus sa partition par des décisions répressives. Ce qui ragaillardit les activistes et promet un meilleur lendemain pour le patrimoine faunique béninois.  

« Nous avons appris que nos juridictions ont condamné un trafiquant à 5 ans de prison ferme avec des dommages-intérêts. Cette décision montre que la justice joue sa partition ». C’est l’appréciation que fait Joséa Dossou-Bodjrènou, activiste, Directeur de Nature Tropicale ONG, suite à la dernière décision du tribunal de Kandi dans une affaire de commercialisation de  20.09 kg d’ivoire à Gogounou. L’accusé principal a écopé de 60 mois d’emprisonnement ferme avec 800.000F Cfa d’amendes à payer. Une décision en phase avec la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Cette sentence du juge le 03 octobre 2017 a donné une lueur d’espoir au programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-BENIN) et aux acteurs de lutte contre la criminalité faunique au Bénin. Au regard des menaces qui planent sur l’éléphant une espèce menacées d’extinction, d’autres acteurs pensent que la justice peuvent aller au-delà de cette sanction. Tel est le cas de Patrice Sagbo, activiste de la nature, « nous devons les encourager à aller plus loin pour décourager les trafiquants », a-t-il fait avoir. Le Bénin a les lois les plus dures et il faut les appliquer insiste-t-il. Gaston Akouèhou, point focal Convention sur la Diversité Biologique pense que « le juge a ses raisons pour avoir prononcé cette peine ». Il estime qu’il faut amener les juges à vivre certaines réalités pour comprendre davantage ce que ces espèces représentent pour le pays. « Nous manquons un travail qui est d’amener le juge dans les forêts classées, dans les aires protégées pour qu’il apprécie l’importance des espèces fauniques en période touristique », signale M. Akouèhou. Il pense qu’il faut requalifier l’acte commis sur les éléphants. « On pouvait dire que tuer un éléphant est un crime. Lorsqu’on qualifie cela de crime, le juge est obligé de réfléchir avant de rendre sa sentence », a-t-il notifié.

Ils exhortent tous les magistrats, les juges et autres à appliquer la loi avec rigueur afin de punir véritablement les crimes fauniques.

La sensibilisation répressive

 » Que les gens ne disent plus qu’ils ne sont pas informés de la loi sur la criminalité faunique. Tout le monde sait ce qui est bien et ce qui est mauvais. Si les gens ne sont pas informés, pourquoi ils se cachent pour faire ce qui est mauvais ? « , s’interroge M. Dossou-Bodjrènou. A l’en croire, l’étape de la sensibilisation verbale est dépassée. Seule la sensibilisation répressive peut garantir une protection pour les espèces intégralement protégées. Et parlant de sensibilisation répressive, on se souvient de la décision du tribunal de Natitingou qui a condamné en août 2017 un récidiviste à quarante-huit (48) mois d’emprisonnement ferme et priver un autre à quarante (40) mois de liberté toujours pour une affaire de trafic d’ivoire. Les deux inculpés sont solidairement condamnés à une amende de 400.000F CFA et au paiement à l’Etat béninois de la somme de trois millions (3.000.000) de francs CFA à titre de dommages-intérêts.

D’autres acteurs pour mener à bien cette lutte sont les communautés. Raison pour laquelle M. Dossou-Bodjrènou les invites à ne plus être complices de ces massacres sur les espèces intégralement protégées. Cet activiste demande aux trafiquants de se convertir à d’autres activités qui pourraient leur générer des ressources.

Lutte contre la criminalité faunique au Bénin : un trafiquant condamné à la peine maximale de 5 ans de prison ferme

C’est la première peine maximale qu’un juge a prononcée contre un trafiquant de produits de faune dans la lutte que mène AALF-BENIN. Pris dans l’affaire de commercialisation de 20,09 kg d’ivoire à Gogounou, le sieur Doti Bio a écopé de 60 mois d’emprisonnement ferme. Soit cinq ans à passer derrière les barreaux. Il doit payer en plus 800.000F Cfa d’amendes.

C’est la décision qu’a rendu le mardi 03 octobre 2017, un juge du tribunal de Kandi, lors du délibéré de l’affaire de  trafiquants d’ivoire arrêtés à Gogounou le mardi 04 juillet 2017. Cette condamnation est parfaitement en lien avec la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Cette loi en son article 154 « punit d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis ».

Il faut signaler aussi que les inculpés Amani  Abdoulaye, Sabi Sogo Guéka et Assouma Yacoubou sont condamnés à 36 mois d’emprisonnement assortis de sursis et 300.000 francs Cfa d’amendes chacun. Le juge ne s’est pas arrêté là. Tous les prévenus doivent payer solidairement 2.000.000 F Cfa au Centre Nationale de gestion des réserves de faune (CENAGREF) pour dommages-intérêts. Cette décision mérite d’être saluée car, encourage le gouvernement et les autres acteurs activement impliqués dans la lutte contre la criminalité faunique dont le Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-BENIN). Avec de telle décision dissuasive, il y a de l’espoir que le patrimoine faunique béninois et mondial se portent mieux et jouent leur partition dans l’écotourisme.

Le juge dans sa décision annonce que les trafiquants ont un délai de 15 jours pour faire appel. Par rapport à ce dernier volet, il faut que le Ministère du Cadre de Vie et ses structures sous tutelle maintiennent la veille pour que ces trafiquants purgent leur peine, payent les amendes et les dommages-intérêts. Seule l’application rigoureuse de ces décisions de justice peut sensiblement dissuader les trafiquants très engagés à exterminer nos ressources naturelles.

Lutte contre la criminalité faunique dans le 3ème trimestre de 2017 : 5 trafiquants arrêtés avec des défenses de 9 éléphants abattus

La croisade contre les trafiquants des produits de faune au Bénin ne cesse de donner des résultats alarmants. De juillet au mois de septembre, la détermination des forces de sécurité publique avec la collaboration du programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-BENIN), et des autres acteurs de lutte contre la criminalité faunique, a permis d’intercepter respectivement à Gogounou et à Natitingou, deux groupes de trafiquants activement impliqués dans le trafic illicite des produits de faune. Dans un premier temps, trois individus ont été arrêtés à Gogounou avec quatre pointes pesant 20,09 kg. Le deuxième groupe de trafiquants a été intercepté à Natitingou avec 14 pointes d’ivoire d’un poids de 24 kg. Il faut constater que 18 pointes ont été arraisonnées. De ces interpellations, on se rend malheureusement compte que 9 éléphants ont été tués à cause de leurs défenses. C’est bien la preuve qu’il faut nécessairement renforcer la lutte à tous les niveaux pour la survie des éléphants qui sont des espèces intégralement protégées par la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Certes, le gouvernement met les bouchées doubles pour davantage sécuriser les parcs. Cela n’exclut pas qu’il faut renforcer la lutte au niveau des frontières terrestres, maritimes et aériennes pour traquer ceux qui circulent avec des produits de faune.

L’autre niveau où le bât blesse est que parmi les acteurs de la justice sensée accompagner la croisade, il y en a qui sur le terrain compliquent la tâche aux acteurs de lutte contre la criminalité faunique. Il urge que le gouvernement prenne ses responsabilités afin qu’ils comprennent véritablement les enjeux de la lutte et jouent convenablement leur rôle. Cependant, il convient d’apprécier à sa juste valeur la décision du tribunal de première instance de Natitingou qui le jeudi 24 août 2017 a respectivement condamné les deux trafiquants à quarante-huit (48) et quarante (40) mois de prison ferme. Non seulement cela, ils doivent payer une amende de 400.000F CFA à l’Etat béninois et trois millions (3.000.000) de francs CFA à titre de dommages-intérêts. Il est vivement souhaité que le tribunal de Kandi donne aussi une décision dissuasive concernant l’affaire de Gogounou. Une chose est de traquer les trafiquants pour la préservation de notre patrimoine faunique, l’autre est qu’ils subissent réellement les rigueurs de la loi.