Lutte contre la criminalité faunique au Bénin : 5 présumés trafiquants appréhendés à Parakou avec 4 kg d’ivoires

Après Cotonou le lundi 11 juin, les forces de sécurité publique ont fait une nouvelle prouesse dans la lutte contre la criminalité faunique que le gouvernement a déclenchée.

En effet, dans la journée du mercredi 13 juin 2018, une équipe mixte de la Police Républicaine et des éléments des Eaux, Forêts et Chasse de l’inspection forestière de Parakou ont mis aux arrêts dans un motel dans la ville, cinq présumés trafiquants en possession de 2 pointes plus un morceau d’ivoires d’éléphants, équivalent à environ 4 kg. Cette arrestation qui est à l’actif du gouvernement avec l’appui technique du Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-BENIN), vient une fois encore montrer que le danger plane toujours sur les espèces menacées d’extinction. C’est un signal fort qu’il faut renforcer l’état de veille sur le terrain pour toujours barrer la route aux réseaux de trafiquants qui font feu de tout bois pour dépouiller le Bénin de son patrimoine faunique. Une chose est certaine, il y a des lois dont celle n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin et de son texte d’application, qui protège la faune. Des dispositions de cette loi énoncent clairement le sort qui attend toute personne prise en fragrant délit de commercialisation des trophées d’espèces intégralement protégées. Il faut le préciser, l’éléphant (Loxodonta Africana), est la toute première espèce de l’annexe 1, catégorie A des animaux intégralement protégées, de la loi citée supra. Et puisque ces présumés trafiquants ont été pris en fragrant délit de commercialisation, ils vont répondre devant la justice de leurs actes. Les articles 153, 154 et 166 de la loi portant régime de la faune au Bénin, prévoient la sanction que court toute personne reconnue coupable, et la justice saura à ce niveau jouer sa partition.

C’est encore le moment de lancer un appel aux acteurs de lutte pour que chacun puisse vraiment jouer son rôle et sans état d’âme pour que les individus qui détruisent la faune comprennent que c’est un patrimoine qu’il faut protéger.

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Pour trafic illicite de produits de faune : 6 présumés trafiquants arrêtés avec 4 pointes d’ivoires à Cotonou

Le gouvernement avec sa nouvelle stratégie de quadrillage du terrain est décidé à mettre hors d’état de nuire les trafiquants des produits de faune. C’est ce qui après investigations a conduit une équipe conjointe de la Police Judiciaire et de la Direction des Eaux et Forêts à mettre la main sur six présumés trafiquants à Cotonou, dans les encablures du commissariat central en début d’après-midi du lundi 11 juin 2018.

Ils ont été pris en fragrant délit de commercialisation de quatre défenses issues d’au moins deux éléphants abattus. Après irruption de l’équipe des forces de sécurité publique sur les lieux de la transaction, les ivoires saisis pèsent 6 kilogrammes. L’éléphant étant une espèce intégralement protégée, ses dérivés sont interdits de circulation et de commercialisation. Selon l’article 153 de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin et de son texte d’application, « toute personne qui fait circuler des trophées ou des dépouilles sans certificat d’origine, est punie d’une amende de 100 000 à 500 000F et/ou d’un emprisonnement de 3 mois à 3 ans ». L’article 154 de cette même loi réprimande d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. Ces six présumés trafiquants tombent sous le coup des articles 153 et 154 et vont certainement subir les rigueurs de la loi. L’article 166 signale que les complices sont punis comme les auteurs principaux et condamnés solidairement aux amendes, frais dommages-intérêts et restitutions.

Le gouvernement œuvrant toujours pour la protection du patrimoine faunique béninois avec le soutien et l’appui technique du programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la flore (AALF-Bénin), vient encore par cette arrestation, montrer sa détermination à barrer la route aux destructeurs de la faune en vue de protéger les animaux sauvages menacés d’extinction. Il est vivement attendu que les autres structures impliquées dans la protection de la faune sauvage et dans l’application de la loi, retroussent aussi leurs manches et jouent leur partition. Car, il faut que ces présumés trafiquants soient bien châtiés dès que leurs culpabilités seront prouvées.

Lutte contre la criminalité faunique : deux trafiquants d’ivoires condamnés à 12 et 5 mois de prison ferme à Djougou

Deux trafiquants ont été appréhendés en fragrant délit de commercialisation de deux défenses d’éléphants le jeudi 30 novembre 2017 à Djougou dans le département de la Donga au nord du Bénin.

Le tribunal de première instance de deuxième classe de Djougou a rendu sa décision dans la matinée du vendredi 18 Mai 2018. Les deux trafiquants sont déclarés coupables des faits de détention et de tentative de commercialisation de trophées d’espèces intégralement protégées. L’un est condamné à  12 mois d’emprisonnement ferme. L’autre a écopé de 05 mois de prison ferme. Le tribunal a condamné chacun des prévenus à une amende de 100.000 francs CFA et a rejeté la demande de dommages-intérêts. Il faut rappeler que l’article 154 de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, « punit d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis ». Au regard de cet article de la loi citée supra et de la décision rendue, on peut affirmer que le tribunal de Djougou accompagne le gouvernement dans la lutte contre la criminalité faunique. Cependant, il est vivement souhaité que les sanctions soient sévères à l’endroit de ceux qui commettent des crimes sur des animaux intégralement protégés comme l’éléphant. C’est encore l’occasion d’adresser une invite aux acteurs de la justice pour qu’aucune clémence ne soit accordée à ceux qui sont décidés à détruire les espèces fauniques que protège la loi en République du Bénin. C’est non seulement une manière de les dissuader mais aussi de poser les garde-fous pour la sauvegarde des animaux sauvages menacés d’extinction. Pour cela le Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-Benin) ne cesse de jouer sa partition. Il urge que les autres acteurs retroussent aussi leurs manches pour la conservation du patrimoine faunique du béninois.

Affaire de 513 kg d’écailles de pangolins saisis à l’aéroport de Cotonou : l’auteur principal condamné à 36 mois fermes et 42 millions FCFA

Le tribunal de première instance de Cotonou a rendu son verdict le lundi 7 mai 2018 dans l’affaire de 513 kg de pangolins interceptés en mars 2018 au fret de l’aéroport de Cotonou. L’auteur principal de nationalité chinoise est condamné à 36 mois d’emprisonnement fermes et 2.000.000 d’amendes. Il doit payer en plus 40.000.000 de dommages-intérêts. Il faut rappeler que les trafiquants ont été mis sous convocation après payement d’un montant forfaitaire en guise de caution. Des informations qui nous sont parvenues, l’auteur principal ne s’est plus présenté aux audiences suivantes depuis qu’il a été mis sous convocation. Et rien ne prouve qu’il réside encore sur le territoire national pour que les forces de sécurité publique aillent à sa recherche pour que ce destructeur du patrimoine faunique de la sous-région soit retrouvé pour répondre de ses actes. Le pangolin il faut le préciser, est une espèce intégralement protégée par la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. La justice a rendu sa décision, mais puisque l’auteur principal est toujours en liberté, on se demande s’il va à un moment donné purger sa peine et payer les 42 millions. Les activistes espèrent que la justice va continuer à jouer sa partition pour que la sauvegarde des espèces fauniques menacées d’extinction soit une réalité au Bénin. Les acteurs de la lutte contre la criminalité faunique souhaitent que le Ministre du Cadre de Vie et du Développement Durable, avec implication active de ses structures sous tutelle suit ce dossier afin que les sanctions soient appliquées.

Le chinois n’étant pas le seul, un de ses complices a été relaxé au bénéfice du doute. Le second est condamné à 6 mois d’emprisonnement assortis de sursis, 500.000F CFA d’amendes et 500.000F CFA de dommages-intérêts.

Lutte contre la criminalité faunique aux frontières béninoises : 3 présumés trafiquants dont un chinois arrêtés à l’aéroport de Cotonou avec 513 kg d’écailles de pangolins

Vingt-trois sacs d’écailles de pangolins, soit 513 kg ont été interceptés le lundi 19 mars 2018 au fret de l’aéroport de Cotonou. Ces sacs d’écailles appartiennent à trois présumés trafiquants dont un chinois.

Le coût de la cargaison en partance pour le Vietnam avoisine 500 millions FCFA sur le marché Asiatique. Les 513 kg d’écailles sont estimés à plus de 2000 pangolins massacrés dans la sous-région. Sachant que le pangolin est une espèce intégralement protégée par la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, ces présumés trafiquants ont des comptes à régler avec la justice. L’article 154 de la loi portant régime de faune punit d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. « Les complices sont punis comme les auteurs principaux et condamnés solidairement aux amendes, frais dommages-intérêts et restitutions », stipule l’article 166 de la même loi. C’est fort de cela que les présumés trafiquants ont été  présentés au Procureur de République le mercredi 21 mars 2018. Mais contre toutes attentes, les présumés trafiquants ont été simplement mis sous convocation après payement de cautions. Sachant que la rupture opte pour la « tolérance zéro » contre les crimes environnementaux au Bénin, il est vivement souhaité que ces présumés trafiquants impliqués dans le massacre de la faune soient punis conformément à la loi. Aussi, il faut que le Ministre du Cadre de Vie et du Développement Durable fasse un suivi rigoureux de ce dossier pour la préservation du patrimoine faunique béninois et sous régional.

Il faut signaler que cette arrestation a été faite par la Cellule Aéroportuaire Anti Trafic (CAAT). La fermeté dans l’application de la loi est un facteur qui peut ragaillardir non seulement les éléments de CAAT, mais aussi les autres acteurs de la lutte contre la criminalité faunique à accentuer le contrôle. Il est à faire remarquer que par le passé, les produits passant par les bagages en fret par l’aéroport et par le port de Cotonou, sortant du pays ne bénéficiaient d’aucune attention de contrôle de la part des services compétents.

Le Programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin (AALF-BENIN) qui se bat pour la protection de la faune reste ouvert et ne peut aucunement marchander sa collaboration pour la protection des espèces menacées d’extinction dont le pangolin.

Qu’il vous souvienne que trois trafiquants ont été arrêtés à Cotonou en mai 2016 avec 70 kg d’écailles de Pangolins géants. Le tribunal de 1ère instance de Cotonou a condamné l’auteur principal de nationalité Guinéenne à 12 mois d’emprisonnement ferme. Comme ce trafiquant en 2016, les activistes lancent un appel à la justice pour que les présumés trafiquants arrêtés avec les 513 kg d’écailles de pangolins subissent aussi les rigueurs de la loi. Le Bénin en sortirait honorer et nos ressources naturelles participeraient au développement durable de l’Afrique.

Lutte contre la criminalité faunique : la sensibilisation répressive pour sauver les espèces menacées d’extinction

Des condamnations fermes enregistrées en 2017 dans le cadre de la lutte contre la criminalité faunique, il y a plusieurs qui sauf erreur, sensibilisent mieux les trafiquants. Parlant de la sensibilisation répressive, certaines condamnations sont en phase avec la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin.

Un regard rétrospectif sur ces décisions de justice permet de se rendre compte que des trafiquants ont écopé de privation de liberté allant de 2 mois jusqu’à 60 mois. Ce qui a plus réjoui les activistes est la décision du tribunal de Kandi qui a condamné un des trafiquants arrêtés en juillet 2017 dans l’affaire de commercialisation de 20,09 kg d’ivoire à Gogounou, à 5 ans de prison ferme. Cette condamnation fait penser à l’article 154 de la loi évoquée supra. Cet article « punit d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis ».

Ce qui a fait couler beaucoup de salive est la décision de la Cour d’Appel de Parakou qui a réduit la peine privative de liberté de 40 et 48 mois, et les trafiquants libérés après 6 mois de détention avec une amende de 1.000.000F CFA.  Or, ces trafiquants ont été condamnés plus tôt à 40 et 48 mois avec une amende de 400.000F CFA et au paiement à l’Etat béninois de la somme de trois millions (3.000.000) de francs CFA à titre de dommages-intérêts. Cette décision de la Cour d’Appel, au lieu d’être dissuasive était sans risque de se tromper favorable aux trafiquants qui certainement ne regretteraient pas l’acte posé et pourraient saisir d’autres occasions pour commettre les mêmes forfaits sachant que c’est un business très rentable. Face à cette situation, DOVI Homéfa, activiste environnementaliste, Coordonnateur Adjoint du programme « Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au BENIN souhaite que « les trafiquants soient rigoureusement sanctionnés et sans clémence conformément à la loi sur la faune. C’est la seule voie efficace pour sensibiliser et combattre toute personne impliquée dans ce trafic ». Pour sauver le reste du patrimoine faunique béninois, il conseille d’accompagner le gouvernement dans cette noble lutte contre la criminalité faunique, si nous voulons véritablement conserver les rares espèces comme l’éléphant en voie d’extinction au profit des générations futures.   

Condamnés pour 48 et 40 mois de prison pour trafic de produits de faune : deux trafiquants d’ivoires libérés en appel après 6 mois de détention

Pensionnaires de la prison civile de Natitingou depuis le 18 août 2017, deux trafiquants de produits de faune sauvage devraient y séjourner pendant 4 ans et 3 ans 6 mois.

En effet, ils ont été pris en fragrant délit de commercialisation de quatorze (14) pointes d’ivoires le vendredi 11 août 2017 à Natitingou. Ces défenses, ils l’ont eu après avoir abattu 7 éléphants et peut-être plus, une espèce intégralement protégées par la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Le délibéré de cette affaire a valu aux deux trafiquants quarante-huit (48) mois et quarante (40) mois d’emprisonnement ferme. Les deux inculpés ont été en plus solidairement condamnés à une amende de 400.000F CFA et au paiement à l’Etat béninois de la somme de trois millions (3.000.000) de francs CFA à titre de dommages-intérêts. Celui qui a écopé de 48 mois de prison est un récidiviste. Il est par conséquent coutumier des faits. Le bon sens veut que des individus de son acabit subissent les rigueurs de la loi pour la sauvegarde des espèces menacées d’extinction.

En appel, ces deux trafiquants ont été condamnés le mardi 13 février 2018 à six (06) mois d’emprisonnement ferme, et solidairement à un million (1000.000) F CFA d’amende par la Cour d’Appel de Parakou. Or, l’alinéa 2 de l’article 158 de la loi citée plus tôt stipule que « les peines d’amende et d’emprisonnement normalement encourues sont portées au double lorsque l’infraction est commise dans une aire protégée ou aux dépens d’un animal intégralement protégé ».

Là où le bât blesse est qu’il n’est pas exclu que le récidiviste une fois en liberté, renoue avec ses vieilles pratiques pour alimenter son réseau. En matière de lutte contre la criminalité faunique, la sensibilisation répressive doit être de mise pour dissuader les auteurs des crimes fauniques. Pendant que le gouvernement brave monts et marées pour mobiliser les ressources afin de protéger les animaux sauvages, il urge que tous les acteurs jouent leur partition pour que la lutte contre la criminalité faunique n’est pas de plomb dans l’aile.

En 2016, la célébration de la journée Mondiale de l’Environnement a eu pour thème « tolérance zéro contre le commerce illégal de la vie sauvage ». Ban Ki-moon, l’ex Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies invitait la communauté internationale à se rendre compte que l’heure est grave parce que les éléphants sont massacrés. C’est encore le moment de rappeler que ces messages ont leurs sens et constituent pour tous les acteurs de lutte contre les crimes fauniques, une invite pour qu’aucune clémence ne soit accordée aux trafiquants.

Rebondissement dans l’affaire de trafic de quatre pointes à Parakou : en appel, la Cour allège la peine de 4 trafiquants d’ivoires

Ils ont été condamnés le mardi 18 avril 2017 par le tribunal de Parakou à 12 mois d’emprisonnement ferme, à 300.000 francs CFA d’amendes chacun et quinze millions cinq cent mille (15.500.000) francs CFA de dommages et intérêts à payer solidairement. Il s’agit des quatre trafiquants inculpés dans l’affaire de commercialisation de 14 kg d’ivoires, l’équivalent de quatre défenses d’éléphants, interpelés à Parakou le mardi 28 mars 2017.

Ces trafiquants ont vu alléger leur peine en appel le mardi 13 février 2018. La Cour a condamné ces ennemis de la faune qui ont abattu deux éléphants à dix (10) mois d’emprisonnement ferme et à 50.000F CFA d’amende chacun. Par cette décision, la Cour leur a fait grâce de deux mois de peine privative et leur a considérablement diminué le montant à payer dans les caisses de l’Etat pour avoir détruit le patrimoine faunique du pays. Il faut rappeler que ces trafiquants étaient détenus le 05 avril 2017 et peuvent retrouver la liberté dans les heures à suivre.

L’article 154 punit d’une amende de 300 000 à 800 000F et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. Puisque ces trafiquants ont été pris en flagrant délit, la loi doit leur être appliquée. Certes, ils ont fait plus de six mois derrière les barreaux, le souhait serait que la Cour confirme la décision du tribunal pour les contraindre à purger entièrement leur peine et à payer non seulement les amendes mais aussi les dommages et intérêts afin de la amener à comprendre que ces animaux sauvages sont protégés par des lois nationales et internationales et sont à sauvegarder.

C’est encore le moment de rappeler que seule la sensibilisation répressive avec une application rigoureuse peut amener ceux qui sont quotidiennement aux trousses des animaux sauvages menacés d’extinction à comprendre que c’est un   patrimoine national et que chacun doit jouer sa partition pour la survie de ces espèces.

Lutte contre le trafic illicite de faune sauvage : un vietnamien et sa bande arrêtés à Abidjan avec 578 kg d’ivoire

Il a été saisis 578 kg d’ivoire, plus d’une demi tonne d’écailles de pangolins, dont certaines quantités avaient déjà été emballées et prêtes à être exportées, quatre armes illégales, des peaux de panthère et d’autres objets de contrebande. Ce sont les produits retrouvés chez les présumés trafiquants après leur arrestation mis janvier 2018 à Abidjan.

En effet, c’est un réseau de criminels de faune qui opérait dans l’ombre dans plusieurs pays depuis sept ans et sont à l’origine de massacre de plusieurs milliers d’éléphants pour leurs défenses. Un vietnamien est à la tête de ce réseau qui dépeuple la faune sauvage que protègent les lois dans plusieurs pays. L’arrestation du vietnamien et cinq autres de sa bande a été faite grâce à l’implication active de l’Unité de lutte contre la criminalité transnationale organisée (UCT), avec l’appui du Ministère des Eaux et Forêts,  de la Côte d’Ivoire, soutenue par l’assistance technique d’EAGLE Network, une ONG internationale spécialisée dans l’application des sur la faune. Des informations reçues, il ressort que le chef de cette organisation criminelle en Côte d’Ivoire est directement lié à deux saisies antérieures, l’une au Vietnam et l’autre au Cambodge où 619 kg et 941 kg d’ivoire ont été respectivement saisis.

Pour exporter les produits, ils ont l’habitude de créer de l’espace à l’intérieur des bois destinés à l’exportation. Après avoir coupé et soigneusement rangé les ivoires dans les espaces aménagés à cet effet, les intervalles restantes sont occupées avec de la cire et ils se servent de la colle pour refermer les bois. Mélanger à d’autres bois dans des conteneurs, la marchandise est convoyée en Asie. Une fois à destination, l’équipe en place en Asie prend la relève.

Après leur arrestation, les services spécialisés ont procédé à l’analyse des informations téléphoniques. Ce qui a révélé qu’ils sont en lien avec trois pays reconnus comme des paradis fiscaux. Il est alors évident qu’ils mènent des opérations pour de blanchiment d’argent.

L’autre côté où le bât blesse est que l’un des présumés trafiquants qui est un chinois avait en sa possession une liste de nom de jeunes femmes ivoiriennes avec des informations précises sur leur taille, leur poids avec leur photo. Cela devrait amener les services spécialisés de la Côte d’Ivoire à ouvrir des enquêtes pour démanteler ce  réseau de professionnels de sexe vers les pays d’Asie en se servant de faux documents de voyage.

Les activistes sont décidés à en découdre avec ces criminels pour les maintenir derrière les barreaux. Il faut signaler que les acteurs de lutte au Bénin, membres du réseau d’EAGLE Network ne baissent pas aussi les bras en appuyant le gouvernement contre ces criminels. La justice accompagne par des décisions répressives. Dans un passé récent, le tribunal de Natitingou a condamné deux trafiquants d’ivoires, l’un à 4 ans et l’autre à 3 ans 4 mois de prison ferme avec des amendes, puis des dommages-intérêts à payer.

Lutte contre la criminalité faunique en 2017 : 28 trafiquants interpelés pour trafics de produits de faune

L’année 2017 n’a du tout pas été au repos pour le gouvernement et les activistes militant pour la sauvegarde des espèces fauniques protégées. Grâce à l’appui technique du programme Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore au Bénin, les forces de sécurité publique ont pris 28 trafiquants en flagrant délit en 8 arrestations indiquées sur la carte. La justice n’a pas manqué de jouer sa partition pour l’application de la loi.

Durant l’année écoulée, 28 défenses d’éléphants pesant 75,84 kg ont été saisies chez les trafiquants. Ce qui équivaut à au moins 14 éléphants abattus pour alimenter le commerce illégal de l’ivoire au Bénin. Si malgré les nombreuses sensibilisations et les efforts du gouvernement pour protéger les espèces fauniques, 14 éléphants au moins provenant probablement des parcs W et Pendjari ont été tués, il apparait évident que les acteurs doivent redoubler d’ardeur pour traquer les braconniers et les réseaux des trafiquants qui sont décidés à en découdre avec l’éléphant qui est une espèce intégralement protégée par la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Des produits de faune illégalement détenus et saisis en 2017, ceux provenant des éléphants battent le record. Cette alerte sonne comme une invite adressée à tous les acteurs qui doivent renforcer leur collaboration afin de protéger cette espèce pour les générations futures.  En plus des éléphants, l’appui technique de AALF-Bénin a permis aux forces de sécurité publique de mettre également la main sur 02 pangolins vivants, un patas et 16 carapaces de tortues. Ces produits de faune illégalement destinés à la vente et saisis donnent la preuve que la survie des animaux sauvages est incertaine au regard de ce qui se passe. Déjà le gouvernement quadrille le terrain. Il faudrait aussi que chaque acteur joue réellement sa partition pour accompagner le pouvoir central.

La justice à l’œuvre

Des décisions de condamnation des trafiquants rendues par la justice, il y en a qui participent véritablement à la lutte contre la criminalité faunique. A l’annonce desdites décisions, la quasi-totalité des activistes n’ont eu d’hésitation aucune à ovationner les acteurs de justice et soulignent que l’application des lois est un facteur important pour la lutte contre la criminalité faunique. On se souvient encore de la décision qu’a rendue le tribunal de Kandi qui a condamné un trafiquant à 5 ans d’emprisonnement ferme avec 800.000F Cfa d’amendes pour une affaire de commercialisation de 20,09 kg d’ivoire à Gogounou, en octobre 2017. Deux mois plus tôt, en août 2017, deux autres trafiquants ont été respectivement condamnés à 48 et 40 mois de prison ferme par le tribunal de Natitingou. Ils ont été solidairement condamnés à une amende de 400.000F CFA et au paiement à l’Etat béninois de la somme de 3.000.000F CFA à titre de dommages-intérêts. En avril 2017, le tribunal de Parakou a condamné 4 trafiquants à 12 mois d’emprisonnement ferme, à 300.000F CFA d’amendes chacun et 15.500.000F CFA de dommages et intérêts à payer solidairement. A l’antipode de ces décisions, il y a eu celles assorties de sursis pour lesquelles les activistes ne cessent de murmurer.

Au regard de la lutte menée en 2017 contre la criminalité faunique, on peut sans risque de se tromper affirmer que chaque acteur doit de nouveau retrousser ses manches et jouer véritablement sa partition pour la sauvegarde des espèces protégées menacées d’extinction.